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mardi 10 juin 2008

valises

A quelques jours de quitter l'oasis verte de Banfora, le moment vient de s'attaquer aux choses sérieuses sans retard. L'ensemble des cadeaux étant déjà réunis (y compris ceux qui ne quitteront même pas le sol burkinabé mais sont destinés aux différents amis et famille à visiter "une dernière fois" pendant ces derniers jours), il ne reste plus qu'à caser le tout dans les valises, tout en gardant à l'esprit trois choses:
1. la bonne répartition des affaires: si on peut éviter de devoir vider intégralement ses deux valises chaque fois que l'on a besoin de sa brosse à dent ou d'une culotte propre, c'est quand même mieux (raison pour laquelle j'ai une valise "cadeaux et bonus" et une valise "survie jusqu'à Morges dimanche")
2. la bonne santé des affaires jusqu'à destination finale: éviter ainsi le shampoing qui coule dans tout le sac, les paniers qui se cassent, ... ; c'est d'ailleurs à ce moment, et à ce moment-là seulement, que vous réalisez enfin que non, finalement, tous ces bouquins (que vous avez lu certes, mais qui vous encombrent à l'heure de l'empaquetage) et ces t-shirts trop sexy n'ont pas été emportés en vain. Non. Ils vous serviront avantageusement à caler les bouteilles de bangui et renforcer les bords de votre sac pour éviter toute casse (enfin, ça, on n'en sera vraiment sûr qu'à l'arrivée)
3. Vous allez probablement revenir. Dans le cas contraire, dites-vous bien que de toute façon vous ne pourrez jamais mettre la moitié des habits que vous portez ici en Suisse (trop voyants, trop folklo, etc...). Vous pouvez donc en laisser une partie ici (de même que la planche à découper, un couteau suisse (non non, pas celui de votre papa, confié à vous au Sénégal), la lampe de poche sans batterie, le reste de spray anti-moustiques, etc...)
Et bon, après tout les voyages sont les voyages, et si l'on ne se déplace pas avec un maximum de bordel, comment alors permettre aux chauffeurs de taxi et aux bagagistes de gagner leur vie? 

Demain donc, départ pour une nuit à Bobo, avant de reprendre le car jeudi direction Ouaga pour deux jours bien chargés, entre dernières visites de courtoisie et achats d'artisanat pour l'association "Ensemble pour eux" (celle-là même du Mali). Et samedi vers 23h, adieux déchirants et énervement de devoir attendre, une fois de plus sans fin, ce satané avion d' "Air Inch'Allah" (en réalité Afriquiyah, ainsi surnommée car c'est ainsi qu'elle ponctue chaque annonce aux passagers - toujours dans un anglais incompréhensible - ce qui est bien sûr tout à fait rassurant pour les passagers comme vous pouvez l'imaginer).
Quant à moi, pour l'heure, je balance... Tristesse au réveil, impatience l'après-midi, joie d'être encore là le soir... Je sais en tout cas que j'ai passé ici 6 mois intenses, riches, variés, pleins d'aventures comme, parfois, de routine et même un peu d'ennui et de Heimweh bien sûr. Si c'était à refaire, je le referais. Tout. Même les moments difficiles (les préjugés, la discrimination, le manque de respect, une ou deux grosses galères auxquelles je ne veux même pas repenser) qui donnent aussi leur saveur aux moments de quiétude. Mais je sais aussi que mon temps ici est terminé, qu'il est temps pour moi de rentrer.
Parce que mon visa touche à sa fin; parce que je n'ai plus de sous; parce que ma famille, mes amis, mon monde familier me manquent; parce que j'ai aussi besoin d'être là où sont mes racines - mes verts coteaux du Lavaux, les eaux bleues du lac, les vaches...
Tout cela qui ne m'était encore concevable que dans un moyen terme un peu flou il y a quelques mois - même si "le besoin de maison" est toujours là, un peu, même profondément enfoui sous la frénésie de l'aventure - je sentais encore l'envie de tant de choses à faire. Et cette envie est toujours là, mais le désir de réalisation est en stand-by. J'ai fait mon temps ici, c'est tout.
Je sais que je reviendrai, mais pour cette fois, cela me suffit. Je suis contente de ce que j'ai fait, ce que j'ai vu, ce que j'ai vécu. J'avais besoin d'air, de me mettre dans des conditions autres pour ouvrir mon horizon. Angoisse du futur - futur qui se matérialise bien sûr dans la définition d'un projet professionnel et la recherche d'un poste... Et ensuite quoi? Vivre 5 jours par semaine dans son boulot et passer ses jours de congé à rattraper le retard accumulé malgré tout - courses, lessive, aspirateur ? Nooon... Oui... Eternelles tergiversations que tout cela.
Mais pour l'heure - et à ma propre surprise aussi - malgré le manque d'attrait à première vue de ce genre de proposition, après avoir "rigolé" pendant près de 6 mois, c'est aussi de cela que j'ai envie. Passer du "jour par jour" à la construction de quelque chose...
Et puis je sais bien que l'ailleurs, l'étrange, le frisson de l'inconnu, aucun avion n'est nécessaire pour les trouver. Si l'on sait ouvrir un peu ses yeux, ses oreilles, il ne dépend que de soi de se laisser happer par l'aventure... Même au bord du Léman, eh oui!

samedi 7 juin 2008

anniversaire (2)

Vendredi (hier soir donc), anniversaire surprise pour mon "papa" du Burkina. Yeah les photos!









Au menu: pintade rôtie et pintade sauce tomate, "crevettes" (= pas des vraies hein, des chips de crevettes liophilisées qu'on fait bourgeonner dans de l'huile bouillante), ananas pour le dessert. Mmh!

dimanche 1 juin 2008

makin' bogolan

Après des semaines d'attente, me voici enfin en mesure de partager avec le reste du monde - vous! - ces beautés magnifiques, les dessus de table/écharpes commandés pour le compte d'une association en Suisse.
Et c'était un sacré boulot pour en arriver jusque là! De la récolte des feuilles et racines pour faire la couleur (forcément illégale, mais si on ne doit pas un peu se cacher des "Eaux&Forêts", on perd tout de suite ce thrill si excitant de l'aventure...) aux torsades de fin, avec ou sans perles, en passant par le pourrissage de la terre (pour faire la couleur noire) et l'application des chablons... A peu près la moitié du quartier y a participé - et même moi!!!
Et enfin, les voilà, nos bogolans. Pas mal non??






mercredi 28 mai 2008

le Dina, c'est sympa!

Le Dina, c'est le taxi-brousse. On part quand on peut, on arrive si Dieu veut. Voici le nôtre au retour de Gaoua, déjà "en travaux" 1km après la sortie de la ville:

Arrêt chaque 300m pendant les 20 premiers kilomètres pour charger et décharger des passagers qui comme par hasard se baladent toujours avec la moitié de leur maison, si possible tout dessous les bagages des autres passagers, ficelés à l'arrêt précédent avec des kilomètres de corde et force noeuds bien serrés.
L'avantage, c'est qu'on peut prendre plein de photos!





Loropéni: premier gros bourg à 40km du départ, après 3h de route. Entassement maximal (30 à 34 personnes, y compris sur le toit, dans un minibus de 19 places) jusqu'à Banfora, 160km (et plusieurs heures) plus tard. Tôle ondulée, nids de dinosaures pleins d'eau, menaces d'orage impliquant fortes présomptions de barrières de pluie (petite spécialité locale qui consiste à fermer les routes quelques heures en cas de pluie, pour que les véhicules ne viennent pas les achever trop vite), long arrêt pour refroidir le moteur, rien ne nous sera épargné!
Finalement, on arrive étonnamment vite à Banfora (enfin, pas au goût de deux touristes australiennes chargées à mort et voyageant sur strapontin sans dossier avec genoux des passagers arrière dans le dos). 
Une petite demi-heure de marche jusqu'à la maison (on avait prêté la "moto" au père de famille en notre absence) pour constater que les petits frères avaient soigneusement razzié presque toutes les provisions de corn-flakes ramenées de Ouaga.
L'aventure quoi!

Oui oui, c'est bien un mouton que ce jeune homme s'apprête à lancer sur le toit!

visite en pays Lobi

Dimanche, directement après la répète (et quand même un petit plat de riz sauce et une bonne douche), départ pour la gare des bus, objectif Gaoua! 2h30 plus tard, bien après l'heure dite et même une mini tempête orageuse, départ effectif du minibus. Nuit à Loropéni, 40km avant Gaoua, et visite lundi de la forteresse/ruines de Loropéni.


Ensuite de quoi, brève visite au 29e roi des Gans et ses prédécesseurs. Nous avons pour guide une des [jeunes] femmes du roi (lui aussi surprenamment jeune, mais ayant hérité - en plus des siens propres - toutes les femmes et les enfants de l'ancien roi). Jeune femme assez surpenante, qui nous annonce dès le début de la visite son intention de quitter son mari et ses 13 co-épouses (dont la plupart héritées, on se le rappelle) - on empathit et on raisonne bien sûr -, et sur le retour des monuments des ancêtres nous confie ses convictions politiques révolutionnaires (comme beaucoup de burkinabés, elle révère l'ancien président Sankara assassiné en '87, remplacé par l'actuel président, tout en ostentation et "devant la photo même duquel on n'ose pas péter"). Liberté de parole étonnante pour une femme en milieu villageois...




Le lendemain à Gaoua, nous visiterons le musée régional des civilisations du Sud-Ouest - objets bien répertoriés, photos d'archives et multitudes de détails dans les explications. Très intéressant, on conseille!




dimanche 25 mai 2008

la pièce

Depuis une semaine, presque toutes nos pensées sont focalisées sur le village de Niora. Niora, c'est un village où il y a beaucoup de problèmes: les habitants pêchent et chassent au hasard (= n'importe comment), tuant même les mamans et les petits. Ils jettent leurs déchets n'importe où, pratiquent les feux de brousse toute l'année et coupent tout ce qui pousse pour cuisiner, même les petits arbres et les arbustes. Et le pire de tout, c'est que le chef du village refuse d'écouter les habitants quand ils viennent lui exposer leurs problèmes. Heureusement, ceux-ci sont pleins de ressources et s'organisent pour trouver des solutions et tendre un piège au chef pour le convaincre de rejoindre la mobilisation générale et rendre Niora aussi joli que Fulenso le village voisin, "celui qui a été aidé par une association".
Niora - donc - c'est le village où se déroule l'action de notre pièce, celle pour laquelle Patrice et moi avons été engagés en qualité de metteurs en scène pour faire gagner l'école Dianabamba au concours annuel des écoles, subventionné par une ONG de la place.
Et vu les piètres performances d'acteurs de ces 20 petits de CM1 (9 ans en moyenne), ce n'est pas une mince affaire! Entre celui qui hurle tellement son texte qu'il fait peur au public, ceux qui ne comprennent pas bien ce qu'ils doivent dire, ceux qui oublient l'intrigue et partent dans des impros délirantes complètement à côté de la plaque, ceux qui se battent, ceux qui se maquillent à la craie quand on ne regarde pas, ceux qui se mettent à pleurer parce ce qu'ils n'arrivent pas à apprendre leurs 3 pauvres phrases, ceux qui partent faire pipi au milieu des explications, ceux qui mangent, sans oublier tous ceux qui ne font pas partie de la pièce mais viennent juste voir ce qu'on fait - commentaires à l'appui-, mater "la blanche" ou chercher leurs affaires oubliées en classe... C'est loin d'être une sinécure!!!
Mais bon, à raison de 4h par jour, 4x par semaine, on progresse gentiment. On ne gagnera probablement pas le prix mais si, en moins de 3 semaines (l'anticipation n'étant pas très courante par ici...), on arrive à: contacter un metteur un scène (nous!), sélectionner des acteurs, écrire tout un scénario à partir de presque rien ("protection de la faune et de la flore") ET présenter une production qui tient plus ou moins la route, ce sera déjà pas mal.



vendredi 23 mai 2008

mondialisation

Un bon point de ce voyage, c'est qu'il permet de faire tomber pas mal de stéréotypes. Par exemple celui de la "solidarité africaine", en réalité plutôt "débrouille et magouilles, si tu peux profiter de l'autre c'est encore mieux" - mais ceci est une autre histoire.
Un autre mythe qu tombe ici, c'est celui de sociétés paysannes vivant dans la simplicité et l'auto-suffisance. Car ici:
- le riz est thaïlandais (le riz burkinabé est introuvable de toute façon)
- le "vrai lait" (= pas en poudre) français
- le chocolat ivoirien
- le sel espagnol
- les pagnes hollandais
- les pâtes italiennes ou turques
- les cornflakes belges
- l'insecticide nigerian
- les recharges de téléphone imprimées au Canada
- le dentifrice fabriqué en Egypte (et détenu par Palmolive...)
- les aromates, c'est le cube Maggi (d'ailleurs on ne dit pas "c'est trop salé" mais "il y a trop de Maggi)
- enfin les boissons... vous avez le choix entre Nescafé, Lipton, Coca et Fanta (+ une demi-douzaine de marques de bière, dont 2 purement burkinabées)

En bref, la mondialisation est partout, et pas seulement où l'on croit...

Un mot encore sur le prix des denrées en général... Car le syndrome de la "vie chère" n'épargne de loin pas le Burkina. On a vu ici, dans ce pays pourtant plus que paisible habituellement, plusieurs manifestations de protestation plutôt musclées en février et mars, avec casses et tout et tout. Et c'est vrai qu'entre l'augmentation hallucinante de plusieurs taxes touchant les commerçants en février (taxes d'importation, taxes de stand, ...) et le prix du pétrole qui atteint des hauteurs vertigineuses ce printemps, il y a de quoi s'inquiéter.
Exempe: alors que les dépenses en nourriture représentent la majeure partie du budget d'un ménage moyen (environ 80-90%), le sac de 50 kg de riz est passé de 12'000 CFA (30.- CHF) à 18'600 CFA (45.50 CHF) en moins de 6 mois. Et cela n'empêche pas la spéculation: la semaine dernière, des commerçants de Bobo-Dioulasso ont été attrapés à vendre des sacs de 25 kg qui n'en contenaient en réalité que 12 à 20 kg...

mardi 20 mai 2008

opération "Cécile cuisine en Afrique"






Imaginez faire un voyage de plusieurs mois en Afrique. Bien sûr, une fois là-bas, avec la quantité de buvettes, maquis et autres "restaurants par terre" (femmes vendant une sorte de plat - deux si vous avez de la chance - au bord de la route), vous mangerez souvent "dehors" (expression étrange d'ailleurs puisqu'avec la chaleur on n'entre guère à l'intérieur des maisons que pour se changer et parfois dormir).
Fatalement, une fois que vous connaîtrez un peu de monde sur place, vous passerez la majorité de votre temps "en famille", où il vous sera pratiquement interdit de cuisiner puisque vous êtes l'invitée (ce que vous arrange plutôt, même si votre besoin de diversité vous conduira relativement rapidement à faire vous-même le marché et proposer des menus alternatifs au sempiternel riz-sauce arachide). Et là, les premières limites vont se poser à vous. Car une fois que vous aurez eu votre lot de "ragoût" (igname, sauce maggi-oignons-tomates), "spaguetti" (pâtes, sauce maggi-oignons-tomates) et "bouillie" (ah tiens, là ça change: riz-lait en poudre-sucre), vous aurez vite l'impression d'avoir fait le tour.
Du coup, votre sentiment de culpabilité à voir tout le monde s'affairer sauf vous grandissant, vous déciderez un jour, finalement, de remonter les manches et de vous y coller.
Jusque là, vous n'aviez pu que "donner un coup de main" en coupant tomates et oignons, au couteau suisse et, si possible, dans la nuit - celle-ci tombant toujours pile au moment où on se met au boulot...
Première phase de l'opération "Cécile cuisine en Afrique": se procurer un matériel minimum (à savoir des herbes d'Italie, une planche à découper et des petits couteaux de la Migros apportés par votre frère au Sénégal, ces derniers ayant mystérieusement disparu dans la poche d'un employé d'aéroport au passage).
Deuxième phase... cuisiner! Et là, les choses sérieuses commencent vraiment. Bien sûr, vous n'avez pas placé la barre trop haut pour commencer: spaghetti sauce tomate, ça vous paraissait dans le domaine du faisable. Faisable... certes! Facile, en aucun cas. D'abord parce qu'aucun ustensile n'est comme vous avez l'habitude:
- fourneau à choix entre: gaz, feu de bois, charbon, pétrole - tout instrument que vous maîtrisez à la perfection bien sûr (un miracle d'arriver à faire cuire quoi que ce soit là-dessus, ça prend des plombes et en plus c'est toujours un peu cramé au fond quand même)
-absence de "petite patte" pour ne pas se brûler les doigts, ici on utilise habituellement les feuilles de l'arbre le plus proche ou... rien! Avec le temps, vous obtiendrez quand même un vieux bout de t-shirt qui se révèlera fort utile, quoique régulièrement trop petit ou même carrément introuvable (n'oubliez pas que vous cuisinez toujours dans la nuit, avec la lampe de poche dans la bouche)
- l'hygiène bien sûr. Comme on cuisine par terre (et dans la nuit donc), tout l'art réside dans le fait de bien repérer les plats propres dans un tas de bordel sans nom (si tout le monde est toujours OK pour se ruer quand la bouffe est prête - même quand c'est raté -, les initiatives en matière de vaisselle sont plutôt rares...) et ensuite à les manipuler avec une stratégie toute calculée pour ne pas assaisonner votre plat avec tout le sable du pays ou pire, carrément marcher dedans.
- et bien sûr l'absence totale de diversité quant à l'offre en matière de produits. Car sortis du riz/pommes de terre/pâtes d'un côté, et des oignons/tomates/aubergines d'autre part, il n'y a à peu près rien, ou alors c'est vraiment votre jour de chance.
Mais avec le temps, beaucoup d'entraînement et une imagination sans borne, vous maîtriserez vite une nouvelle recette de sauce tomate des plus savoureuses (et puis ça change de la sauce poisson-arachide qui vous soulève le coeur rien qu'à l'idée, à force). Après l'avoir testée 50 fois dans tous les sens (soit avec pâtes, riz ET pommes de terre wouhouh!), vous serez prête à toutes les extravagances! Sauce oignon-oignon, aubergines poêlées en tranches (avec une poêle achetée pour l'occasion), salade de riz-maggi-oignons-tomates-avocat (merci à l'émission radio "la fourchette d'or, pour la promotion et la valorisation des mets burkinabés" pour l'idée du riz en salade), salade pommes de terre-carottes-concombres (assez bof) et même... l'omelette espagnole (oeufs-pommes de terre-maggi-oignons-tomates)!
Et ce soir, au retour de la capitale et ses fabuleux supermarchés libanais: pommes de terre-... emmental!!! (et quand même l'habituel trio infernal maggi-oignons-tomates pour les moins aventuriers) :-)

pour les curieux, la recette de la sauce tomate en question!
en réalité, le seul charme de cette recette est de ressembler trait pour trait à celle qu'on pourrait faire soi-même à la maison... soit avec tomates fraîches, ail, oignons, herbes d'Italie (au lieu de l'habituelle mini-boîte de concentré de tomate et son litre d'huile de coton (si, si!), plus onéreuse par dessus le marché!!!!)

samedi 17 mai 2008

Ouaga, antichambre de l'enfer

Amis pécheurs, femmes de mauvaise vie et hommes de mauvaise foi, vous qui savez déjà que, le jour du jugement dernier, vous n'aurez pas votre dossier traduit en arabe sous le bras, ou même, que vous l'aurez égaré ou pire, carrément oublié sur la commode vers l'entrée au moment de quitter la maison - venez seulement passer quelques jours dans la capitale brkinabée pour vos donner une idée de ce qui vous attend à l'heure d'être transféré en enfer. Car l'enfer, ça ne doit pas en être vraiment loin.
Je ne veux pas parler des millions de 2 et 4 roues qui conduisent comme des fous et polluent à tour de bras, ni même de cette acre poussière qui vous saisit à bras le corps dès les abords de la ville. Non... C'est juste cette chaleur infernale qui vous fait dégoutter comme une lessive mal essorée dès le lever du soleil (la nuit il fait assez bon, à quelques degrés de moins des 32°c qui m'ont accueillie fin mars à ma sortie de l'avion du Sénégal).
Et vraiment, on voit nettement le changement de climat dès qu'on pénètre dans cette partie pré-sahélienne du pays (Sahel qui, désertification oblige, progresse de 10km par an environ dixit le Petit Fûté). Exemple sur l'avenue Kwamé N'Krumah, 10h du matin, on affiche déjà entre 42°c et 45°c selon les thermomètes (tous en plein soleil, il faut le reconnaître).
Un peu plus tard, on se dirigeait en moto vers le Village Artisanal, 1 ou 2 km tout droit sur le goudron... Avec la réverbération, on avait tellement les pieds qui cramaient que c'en était presque insupportable... Ou bien, encore plus tard, arrêt dans un "restaurant" (toit en tôle, une table avec plusieurs grands plats à l'entrée où on choisit ce qu'on veut manger). J'avais: chaud partout de manière générale, avec petite spécialité sur les pieds (qui continuaient leur lente cuisson grâce au sol en béton ultra-thermoreflexif) et la tête (froid à cause de l'évaporation de la transpi dans les cheveux et le vent du ventilateur après l'ablation (?) de ma casquette). Du coup, on a passé une grande partie de la journée à alterner entre:
- démarches dans des bureaux climatisés (compagnie aérienne, banque, boutique du Village Artisanal, supermarché libanais) et
- recherche et ingestion de sachets d'eau glacée (et je peux vous dire que c'est vraiment tout un art que de ne pas se rendre malade quand on meurt de soif et que l'eau est réellement glacée - heureusement la fournaise a aussi du bon et on n'a jamais bien longtemps à attendre

Ces inconvénients mis à part, ces deux petites journées à la capitale sont quand même bien agréables. En effet, vu les conditions calorifiques extrêmes, une fois lancé (et c'est déjà tout un boulot) on ne peut plus s'arrêter! Du coup, tout ce que j'avais prévu de faire en 2 jours (billet d'avion, change, achat de matériel pour une commande de Suisse, visites de courtoisie et visite à tous les copains, ...) était déjà ok hier soir (y compris rattraper tout mon retard sur les téléfilms brésiliens et locaux à la télé). Et même, petit bonus, j'ai trouvé (à prix d'or peut-être, mais avec en cadeau au passage en caisse des chewing gum fraise turcs tout durs):
- des cornflakes
- du thé réglisse-menthe-verveine etc.
-... de l'emmental!!! (j'ai mis des rappels sur deux téléphone sportables différents pour ne pas l'oublier dans le frigo de la famille au départ demain matin, vous pensez bien)

Et enfin... Un petit week-end/vacances, même imposé par des contingences administratives telles que réserver un bilet d'avion, ça permet aussi de faire quelques petites folies qu'on ne saurait se permettre "en brousse" (bien que le terme soit loin d'être exact, c'est un peu l'image qu'ont les ouagalais et autres citadins "chics" de tout ce qui n'est pas... Ouaga!). Exemple: LE CINEMA!
Super chic, avec son petit jardin loin du bruit du trafic de la rue (le seul de tout le pays je pense), un vieux tapis rouge plus qu'élimé à l'entrée et même une vague clim'... C'est le ciné Neerwaya! Bien sûr, le prix du ticket est en conséquence (CHF 2.50 par personne! le prix de deux bières!!!), mais la programmation en vaut la peine: que des super grosses prod' et tous les blockbusters américains. Un peu surprenant de prime abord (les naïfs nasaras s'attendent évidemment à des production locales) mais tout comptes fait même la pire horreur américaine a un petit côté merveilleux comparée à la soupe qu'on nous sert à la télé et dans les vidéo-clubs ("Au coeur du péché", "Tour de Babel", "Maria la del barrio" pour les productions brésiliennes (!), "3 hommes au village", "Commissariat de Tampy", "Ma famille" pour les locales).
Moi, ça me va d'aller voir plein de films, même si ce n'est pas forcément ceux que j'aurais été regarder en Suisse et que ça fait un peu culpabiliser ceux que j'invite à cause du prix du billet ("t'es sûre, c'est pas trop cher?"). C'est chouette de passer du temps à boire un verre en attendant que la séance commence (et il n'y a pas une seule pub au début!!!) ou que ses brochettes arrivent... En fait, ça me rappelle un peu les petits week-ends à Paris avec mon papa quand j'étais petite, départ en TGV avec le Pariscope sous le bras et la ferme intention d'aller voir le plus de spectacles, de films et d'expo possible!

mercredi 14 mai 2008

comment laver des chaussettes?


Si vous avez une meilleure idée, merci de me le communiquer dans les commentaires...

dimanche 11 mai 2008

anniversaire

Dimanche 11 mai, cette année, c'était jour de kermesse dans plein de lycées du Burkina. Mais le 11 mai c'est aussi et surtout: L'ANNIVERSAIRE LA MORT DE BOB MARLEY! Du coup, toute la journée est sacrée "journée Bob Marley" et, de la radio aux soirées dansantes (sauf la kermesse des lycéens mais c'est une autre histoire), tout est dédié au dieu et aux dieux du reggae. Avec l'après-midi vers 16h, depuis 7 ou 8 ans, le traditionnel match de foot qui voit s'opposer les rastas et les MC (=rappeurs). Clou de la journée! (avec le litre de sangria descendu entre 14h et 16h "parce que c'est vraiment la fête aujourd'hui") Et cette année, pas de dérogation à la règle malgré la pluie qui menaçait! Et comme tous les coups sont permis, je peux vous dire qu'il y en a eu, du spectacle. L'arbitre qui marque les goals lui-même ou qui attribue des points alors que tous les spectateurs ont vu clairement que la balle était passée à au moins 2 mètres du but, les femmes qui traversent le terrain au milieu de la partie avec leur cargaison de bordel sur la tête parce que c'est plus court que de faire le tour, les joueurs qui arrivent au match en grand boubou (sorte de robe longue jusque par terre réservée au jours très très importants), la foire d'empoigne dans tous les sens, etc... etc... Si vous connaissez ce film avec Angela Lansbury où il y a un match de foot fou avec des animaux en dessin animé, vous aurez un début d'idée sur le genre d'ambiance... Moi j'avais un petit banc emprunté à des voisins juste pour m'asseoir, avec tous les enfants qui m'entouraient il fallait se tenir prêt à se lever et fuir très vite à tout moment au cas où la balle viendrait trop près de nous (il n'y avait pas vraiment de limite au terrain d'ailleurs, sauf celles des spectateurs)... Ah! Ce qu'on a ri!!! 

Avec un tel gardien (et surtout de tels goals), l'équipe adverse n'avait vraiment aucune chance. 

jeudi 8 mai 2008

excursion à Nié Sogoni

Nié Sogoni est un charmant village de trois maisons et demi et une poignée de moutons, situé à quelques 87 km de Banfora par delà Sindou (Sindou, oui oui, le même que les fabuleux et tortueux "pics de Sindou"). Transports publics inexistants oblige, nous on l'a fait en Yamaha 125cc (un bolide comparé à la P50 habituelle). Un vrai plaisir de ne pas avoir le porte-bagage comme seul siège pendant les 7h de trajet de la journée... même si j'ai quand même plusieurs fois failli sauter de la moto tellement j'avais mal aux fesses. 
Mais toute cette souffrance endurée n'était pas inutile et a été récompensée par une chouette balade en montagne (au moins 200m de dénivelé) avec vue sur le Mali et la Côte d'Ivoire (oui oui, c'est bien trois pays qu'on derrière ma lumineuse présence sur cette photo)




En haut, les restes de l'ancien village, sénoufo mais "ressemblant un peu aux Dogons" (constructions accrochées à la roche et vaguement troglodytes). Super intéressant et joli comme tout!
Sur le chemin du retour, contrairement à ce que laisse croire la vidéo, c'est plutôt une tentative de tempête qui nous attendait. Je dis bien tentative, parce que finalement on a réussi (comment? on ne sait toujours pas) à passer à la fois entre les cyclistes, les moutons, les femmes qui se baladent au bord de la route, les camions qui roulent à toutes blindes ET les gouttes!
A part de grosses bourrasques de traverse qui cherchaient à nous faire prendre la route des champs, une mangue tombée sur la tête du chauffeur (et heureusement amortie par sa casquette) (!!!!!) et un ciel d'encre à 3h de l'après-midi, on n'a rien eu du tout, pas la moindre petite goutte ou presque. Et dire que j'anticipais déjà qu'on allait devoir dormir à Sindou - 50 km avant Banfora - pour cause de trempage excessif (de nous-mêmes ET de la route), et que je me félicitais d'avoir pensé à prendre un pagne pour s'asseoir dessus quand on pic-niquerait en haut de la montagne (en plus qu'on l'avait même pas utilisé puisqu'on avait mangé nos petits sandwichs sur des chaises en plastique à la buvette après la visite...)
Et voilà pour la sortie touristique de la semaine.

















Avec en bonus, la maison des fétiches!


 Et les inoubliables pics de Sindou! (déjà visités en 2006, là on s'est juste arrêtés 2mn pour saluer tous les vendeurs de tickets et guides locaux au passage)

mercredi 7 mai 2008

des nouvelles de mon bronzage

Depuis le début de ce voyage, s'il y a bien eu une constante dans ma vie jour après jour, c'est le tartinage de crème solaire matin et soir (soit au réveil et vers 13h). En effet, je me suis rendu compte assez vite que même à l'ombre toute la journée, la simple réverbération soleil suffisait à me provoquer des réactions allergiques... Du coup, vive le Nivéa, Sun Look et autres concurrents, indice de protection 30 (heureusement j'en avais emporté plusieurs bouteilles) Et le soir, rebelote avec la crème "après" de la Coop (elle n'est pas efficace du tout, mais ce serait bête de la ramener en Suisse).

Et malgré tout je bronze! Même à des endroits qui ne sont jamais exposés au soleil, sauf quand je prends ma douche (en plein air)! J'ai des taches de rousseur partout alors que d'habitude c'est seulement les bras, les épaules et le visage! Et même mes pieds! (oui ils sont propres et non non ce n'est pas un montage)


Tant qu'on en est à parler de douche... Saviez-vous qu'ici on ne se douche jamais seul (même quant on croit l'être, si si!) et que par conséquent, on laisse toujours un peu d'eau au fond du seau pour ces esprits/génies/??? De même, on s'abstiendra de chanter sous la douche même si on est très très content: ça pourrait les déranger. Quant à siffler après la tombée de la nuit, mieux vaut ne pas y penser: cette fois c'est sûr, c'est les esprits méchants que l'on appelle. (et à moins de savoir les maîtriser, il ne vaut mieux pas trop faire le malin avec eux)

samedi 3 mai 2008

jeu vidéo


Imaginez vous rendre compte un matin qu'il y a plein de termites qui rongent votre maison (en fait ça fait des mois que vous les pourchassez, mais après la bonne couche de peinture d'il y a deux semaines vous pensiez vous en être débarrassé). Vous décidez de passer à l'attaque. Armée de votre bombe insecticide, vous sprayez généreusement chaque trou repéré dans le mur. Et c'est là que la fête commence!
But du jeu, écraser avec une tong en plastique toutes ces sales petites fourmis rouges qui se précipitent l'une après l'autre hors de leur nid. Attention, le score est doublé si vous arrivez à les faire tomber par terre avec le bouchon de l'insecticide pour ne pas salir le mur;
En 5 minutes, c'est pas moins de 50 insectes éliminés, dont au moins 2 ou 3 "patrons" (vu la taille...) Tout cela avant le grand coup de spray final avec bouchage de trou avec des bouts de paille. Game over!

variante:
Vous pouvez également beaucoup vous amuser sans même avoir à vous lever de votre siège (préalablement installé devant la maison). Pour cela, il suffit de vous munir d'une réserve de petits cailloux et d'attendre patiemment (pourquoi pas en prenant le petit-déjeuner?) que les poules des voisins essaient de pénétrer dans votre cour pour manger les miettes de votre tartine au cenovis (eh oui) tombées à terre. Pourquoi les nourrir gratuitement pour qu'elles viennent en plus faire leurs besoins chez vous ?!!! 

NB: Marche aussi avec les pintades, les moutons, etc... (il est toutefois déconseillé d'essayer avec les enfants, car en plus de n'avoir pas peur de vous, ils risqueraient de riposter)

jeudi 1 mai 2008

il pleut

Euh.. Petite rectification... Depuis que j'ai écrit le billet précédent (hier!) il a plu encore deux fois! La première, on était en brousse en train de pic-niquer sous un arbre de pommes à cajoux. Tranquille, on s'est dit que ce n'était qu'une petite averse, mais 15 minutes plus tard en voyant le déluge, on s'est empressés de courir à travers champs jusqu'à la maison. Avec le nombre de bas-fonds à traverser (plus ou moins secs jusque là), imaginez la délicatesse de la situation si tout à coup ils décidaient de se remplir! Patauger dans de la boue pleine de déchets et d'excréments d'animaux, très peu pour moi!
La deuxième fois, au milieu de la nuit. Pourtant, vu le nombre d'étoiles visibles au moment du souper (au moins 7!) j'avais parié qu'on réinstallait les moustiquaires dedans pour rien. La suite m'a donné tort...
Imaginez être arraché à vos doux rêves par le raffut des trombes d'eau sur le toit en tôle... Quand on sait que l'an dernier plusieurs maisons du quartier se sont effondrées à cause de la pluie, ça prend tout de suite une autre dimension...
Mais bien à l'abri dans la nouvelle maison (voir billet du 9 mars) sous la moustiquaire, j'ai finalement renoncé à aller chercher ma peluche Croquette dans ma valise pour me rassurer. Soyons raisonnable, voyons!


Deux grosses pluies en 24h. Et dire que jusque là je refusais d'entrer dans le jeu des superstitions de grand-mères, qui veulent que le mercredi n'est pas un jour faste pour la lessive!