dimanche 27 janvier 2008

la mission

Me voici depuis plus de deux semaines à Bamako, capitale du Mali, où je participe à une mission de chirurgie maxillaire. En gros, une grosse cinquantaine de personnes avec becs de lièvre, fentes palatines ou encore séquelles de Noma qui ont été opérées ici ces deux dernières semaines, et dont l'équipe à laquelle je participe s'occupe des soins post-opératoires. En ce qui me concerne, pas de soins - à la rigueur quelques séances de pilage de médicaments pour les sondes gastriques - mais plutôt des activités d'animation avec les enfants et les adultes, patients et accompagnants.
Au menu des réjouissances, lever dès 6h pour relayer le veilleur à 7h30, activités diverses et variées jusque vers 18-19h, puis petit tour au supermarché ou en ville pour refaire le stock de diverses petites choses (papier-toilette, eau, Flag pour l'apéro etc...) Ensuite, en ce qui concerne les activités à proprement parler, cela change d'un jour à l'autre entre coloriages, jeux de manipulation (lego, puzzles, etc...)bricolages avec les plus jeunes (0-12 ans environ, mais certains adultes s'y mettent aussi). Etonnant de constater à quel point l'habileté manuelle et la patience fait défaut chez certains - question d'habitude bien sûr, beaucoup de ces enfants sont livrés à eux mêmes la plupart du temps et n'ont pas trop l'occasion de "pratiquer". :-)

Pour les plus grands (surtout les femmes), l'occupation principale, c'est les causeries et les blagues (le tout en bambara bien sûr, quoique certaines connaissent quelques mots de français). Pas mal d'activités manuelles aussi (crochet, tricot - aussi étonnant que cela puisse paraître), parfois un peu de cuisine (j'ai eu le droit de tamiser pour le tô un soir, et même de tenter de mélanger la mixture dans la grosse casserole pour 100 personnes - elles se sont bien moquées de moi car je n'y arrivais pas!) et souvent le soir (soit dès après le repas de midi en français d'ici)... l'appui scolaire! Une prof ayant été engagée pour l'alphabétisation pour la durée de la mission à raison de 4h, 5 matins par semaine - avec leçons et tout et tout - je suis régulièrement sollicitée pour valider les progrès accomplis - j'en profite pour peaufiner mon bambara avec les illustrations dans les cahiers. Tout cela évidemment suscite de nombreux fous rires, puisque comme je ne comprends souvent pas ce que je lis, je teste les nouvelles expressions dans tous les contextes possibles et imaginables jusqu'à ce que ça ait l'air d'être le bon!

Enfin avec les hommes, c'est thé et re-thé, parfois une petite noix de cola, mais surtout: LA TELE! Eh oui, ici aussi on n'échappe pas à l' "outil maudit", qui crache ses clips kitsch et ses documentaires québéquois à longueur de journée (TV5monde merci) et surtout depuis 1 semaine... LA CAN (coupe d'Afrique des Nations)!!!
L'autre jour, au bricolage du soir: drapeau malien pour soutenir l'équipe lors du match contre le Nigeria à 19h! Quel succès! Tout le monde avait le sien, même les "vieux"!!! (ce qui n'a pourtant pas été suffisant faire gagner les Aigles du Mali, avec un score 0-0)
Demain, départ pour le Nord et quelques jours en pays Dogon en compagnie d'un couple broyard qui fait partie de l'équipe. A nous l'aventure!!! Des nouvelles au retour... inch'Allah si j'ai le temps! :-)

lundi 14 janvier 2008

STMB express Bobo-Bko suite

Bon, l'épisode du passage de la frontière nécessiterait un message à lui tout seul, mais là je suis fatiguée et le souper m'attend, donc je vais faire bref.
La frontière... On descend du bus pour passer à pied, l'un après l'autre, auprès des douaniers burkinabé (deux fois) - petite demi-heure d'attente à l'ombre d'un bâtiment en dur et hop, on rembarque pour quelques kilomètres, jusqu'à la frontière malienne.
Cette fois, toutes les "pièces" sont récoltées au saut du bus, le douanier teste le bambara de tous les "passeports" (deux français, un américain, et moi) avant de trier les gens - toi ici, toi là-bas, toi avec moi etc...
De ce côté-ci, c'est un peu moins le luxe qu' "à côté". Il n'y a qu'un baraquement et les formalités administratives se font sous un hangar, à trois mètres des tentes de camping où dorment les douaniers. Peu d'attente cette fois, je sers d'interprète à l'Américain, on rigole et ça finit par passer vite.
En tout, 2h pour passer la frontière et récolter son lot de Stämpel, avant de filer sur Koutiala, Ségou et enfin Bamako avec seulement 30 mn de retard sur le programme.
Entre deux... Lecture du journal des étudiants de Lausanne (qui dormait dans mon sac depuis 10 jours) et tentatives multiples mais relativement infructueuses pour me faire expliquer ce qu'il se passe - nature et durée des arrêts entre autres... (pipi, clope, achat de boisson pour le chauffeur, salutation à un copain du convoyeur etc...) TRES important pour ne pas se retrouver à pied les derniers 400km pour cause de départ impromptu du bus!!!
Sur la fin, ma maîtrise parfaite du dioula acquise ces derniers jours :-) me permet même de faire la traduction pour mon voisin, un commerçant mossi de Ouaga qui y comprend encore moins que moi!!!
Enfin à l'arrivée, alors que je ne vois aucun "blanc" m'attendre à la gare, mes angoisses de type "comment Hubert va-t-il faire pour se sortir de ce mauvais pas" sont vite apaisées lorsque je vois la moitié du car aller bêtement se coucher dans la salle d'attente pour passer la nuit - et c'est là qu'un type me tape sur l'épaule (en vrai, c'était le cinquantième, mais le seul qui ne proposait pas un taxi ) :-) D'après son petit panneau, impossible de se tromper, c'était pour moi - il y avait même mon nom dessus (petite ardoise qui a d'ailleurs connu une fin tragique quelques minutes plus tard lorsqu'il l'a oublié à côté du taxi en sortant mes valises du coffre) :-)
Un toc toc à la porte du dortoir pour me faire entrer et un faufilement de serpent sous la moustiquaire plus tard... il faudra encore attendre 5h pour découvrir la tête des mes colocs et autres membres de la mission à leur réveil le lendemain matin!

STMB express - Bobo Bamako

Déjà 4 jours que me voici arrivée au Mali, et pas une minute pour vous narrer ma folle expédition de plus de 12 heures en car pour relier Bobo (2e plus grande ville du BF et grand carrefour commercial du pays)à Bamako, capitale du Mali, à peut-être 600 ou 700km de là.

Tout d'abord, l'achat du ticket. Rien de très compliqué, il suffit de se munir de CFA 9'000 (environ CHF 22.50) et de se présenter 1h avant le départ avec armes et bagages. Bon. Pas idéal pour préparer sereinement son arrivée (prévue à minuit), sans cash et dans une ville inconnue, lorsqu'il s'agit en plus de rallier une auberge à l'adresse incertaine où m'attendent "les autres" arrivés depuis déjà 2 jours et qu'on n'arrive pas à joindre la personne de contact pour la prévenir de son arrivée.
Décision est prise de le prendre le jour précédent.
Jeudi matin donc, de bonne heure - peu avant midi - rendez-vous avec mes 2 valises (malgré toutes les "livraisons" faites ces deux dernières semaines, le volume ne baisse pas - et pourtant je n'ai rien acheté!! - étrange, étrange) à la gare routière pour un dernier Nescafé, les bénédictions de la tenancière pour le voyage, les salutations à tous les convoyeurs, une demi-heure de queue pour entrer dans le car (rempli de commerçants et de gens qui comme moi ont l'air de déménager), une autre demi-heure à faire chauffer le moteur et les passagers par la même occasion, et c'est le grand départ (du moins pour sortir de la gare et traverser le carrefour pour embarquer encore quelques personnes)...
Et youhouhou! A nous la grande route toute droite jusqu'à la frontière!

samedi 5 janvier 2008

la vie de famille

Or donc me voici depuis quelques jours dans la famille de Patrice, guide touristique et artiste comédien à Banfora, au sud-ouest du pays. Quelques jours très agréables ma foi, on prend du bon temps, je dirais même qu'on prend tout notre temps :-)

Résumé des opérations (avec variations mineures selon les jours):
Le matin est intégralement dédié au lever, douche et petit-déjeuner dans la cour, au son de multiples cassettes de Tiken Jah Fakoly, Alpha Blondy etc... Et même une cassette enregistrée spécialement pour mon arrivée, dédicacée au grand Antoine "waraba", le rappeur Ismael de Ouaga et SURTOUT toute la grande famille Enfants du Monde!!! Bisso na bisso! (ça chauffe!)
L'après-midi, c'est le moment de "pomper" (=filtrer l'eau du robinet pour mon petit estomac), boire le thé (avec les bâtons aux noisettes de la Migros!) et faire quelques parties de cartes (le benjamin est fan du "trou du cul" et cherche le pouvoir par tous les moyens et avec assiduité, sans toutefois voir ses efforts réellement couronnés de succès jusqu'à présent) :-)
En fin d'après-midi, parfois un peu plus tôt mais pas trop quand même :-), on se rapelle qu'on avait une course à faire et on enfourche la mobylette pour courir en ville (pas plus de 2 choses différentes par jour: achat du souper / change / visite au boutiquier / salutations de quelques connaissances et éventuellement visionnage de télé chez un ami / ...
Enfin le soir, à choix entre repas tranquille à la maison et sortie en ville... Hier par exemple, fête aux papilles gustatives avec des hamburgers, alocos, côtelette de boeuf et jus de passion au Mac Donald de Banfora (voir photo)

La prochaine fois, le point sur quelques découvertes culinaires suisses!

mardi 1 janvier 2008

bonne année!


Notre soirée du 31: Après avoir dévalisé le marché, tué la pintade et bu du rhum à 700CFA le litre (tellement fort que tu mets 5mn à te remettre de chaque gorgée), petit tour en boîte où le DJ nous dédicace une chanson... Yeah!
Aujourd'hui, tournée des amis pour souhaiter la bonne année, on mange du poulet-spaghetti, du riz gras... et même des crêpes! Ouf, heureusement que le Nouvel-An c'est seulement une fois par an car je suis complètement épuisée!!!
Ce soir, une bonne douche et au lit tôt car demain on reprend le bus pour aller rendre visite à l oncle de Patrice qui habite vers la frontière!
Bonne année à tous!!