mercredi 30 avril 2008

il fait beau

Ce qui pourrait passer pour une tautologie est en réalité loin d’en être une. En effet, au « pays du soleil », question météo les jours passent et se ressemblent – soleil soleil soleil. Seule variation, la quantité et la qualité des rafales de brise au long de la journée.
Et pourtant, depuis quelques jours, « il fait beau ». Mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Simplement, contrairement à chez nous, que le temps est couvert – sur un continuum allant du « il fait un peu beau » (quelques nuages voilant furtivement le soleil) à « vraiment il fait très beau ! » (gros nuages noirs s’amoncelant à l’horizon).
Mais attention !!! Le concept de « beau » quand il qualifie la météo ne recouvre quand même pas la pluie ! Dans ce cas précis – c’est partout pareil – tout le monde court se mettre à l’abri avec armes et bagages pour éviter à tout prix la moindre goutte (même si c’est pour mieux se plaindre ensuite que « la pluie là, nous a seulement flattés, il a juste un peu goutté »).
Et c’est ainsi qu’il a plu déjà 3 fois en ce beau mois d’avril (si possible au milieu de la nuit quand on dort dehors et qu’on n’a pas encore rentré la lessive de toute une semaine)  Ceci permettant d’alimenter à peu près toutes les conversations, conjectures et rumeurs sur quel village a été cette fois l’heureux gagnant de la loterie météo !

mardi 29 avril 2008

les vendeurs ambulants

On a déjà évoqué plus haut dans ces colonnes (plus bas ?!) le cas des vendeuses ambulantes dans un contexte de transport public. Mais il faut savoir que les vendeurs ambulants sévissent partout, tout le temps, jusque chez vous à l’occasion (de préférence en fin de mois quand les gens touchent leur salaire).
Pour la blague, nous avons effectué un relevé statistique de la fréquentation et du type de marchandises proposées. Cela se passe dans une buvette située à un carrefour près de la gare ferroviaire de Bobo-Dioulasso, un samedi entre 11h08 et 11h18.
Pour un total de 11 clients répartis en 4 tables, les deux enquêteurs ont relevé jusqu’à 7 vendeurs concomitants. Le détail du comptage révèle ainsi :
- habits : 9
- chaussures : 4
- lunettes : 3
- téléphones portables : 2
- autres : 9 (recharges de téléphone, ceintures, montres, livres, arachides, cigarettes, matériel électrique, loterie, flûtes en plastique)
Soit un total de 27 vendeurs en 10 minutes, soit une moyenne d’une tentative de vente par tranche de 20 secondes !

autres situations tordantes des voyages en commun

Au chapitre des anecdotes hilarantes, l’expérience d’un trajet en transports publics se révèle toujours riche en aventures et voit se multiplier des situations rocambolesques.
Exemple à la frontière routière du Mali, le douanier qui insiste pour te donner son numéro « en cas de besoin » quand il apprend que tu vas repasser par-là prochainement. Egalement, celui qui te demande conseil pour enrayer sa constipation chronique et devient tout soucieux quand lui dis qu’il faut commencer par boire beaucoup ( notez que la précision ultérieure « de l’eau ! de l’eau ! » le soulage immédiatement de son inquiétude) 
Mais encore, les vendeuses ambulantes qui se précipitent sur vous à chaque arrêt (et ils sont nombreux : passage de péage, embarquement de passagers, …) pour vous vendre tout et n’importe quoi. Par la fenêtre, elles vous mettent leur marchandise sous le nez en hurlant leur prix (« mangolo be, mugan mugan !!! – y’a des mangues pour 100 francs !!! ») Et là il s’agit de bien planifier à l’avance ce qu’on veut et de tenir sa monnaie prête pour la ruée sous peine de s’exposer aux situations les plus ridicules !!! Pour exemple l’autre jour, une « vieille » (dans les 50 ans, quelques cheveux blancs, une vieille quoi !) qui avait trop tardé à faire son choix. Le chauffeur faisant mine de repartir et la vendeuse ne trouvant pas de sachet pour emballer l’achat, la brave dame renverse le plat de mangues sur ses genoux avant de le balancer avec la monnaie par la fenêtre. Et la pauvre vendeuse qui courrait après ses sous sans se préoccuper du plat – qui, pour la petite histoire, a manqué de peu passer sous les roues du car ! :-D
On passera sans détails sur les passagers pas lavés, ceux qui se laissent un peu tomber sur vos genoux au moment de s’asseoir, les mamans qui jettent les couches usagées de leur bébé à même le sol, les flatulences, les animaux au milieu de la chaussée, les véhicule qui sortent de la route pour vous dépasser, etc… Tout cela pour évoquer le taux élevé de participation des passagers à l’animation du car – « chef, on va pas s’arrêter pour pisser ? » « Chauffeur quand même, il est déjà 14h30, nous on veut prier ! » « eh chauffeur, tu roules vite aujourd’hui, toi tu es pressé de voir ta femme ! »
Ah vraiment les voyages en car c’est trop rigolant !!

Le car


Connaissez-vous Zongo et Tao ? Non ?!! Il s’agit de deux comédiens burkinabés
Qui singent les situations de leur pays et leurs compatriotes dans des scènes tordantes… Jugez-plutôt : (un chauffeur de car se fait ici arrêter par la police parce qu’il n’a pas de phares) (à prononcer avec un fort accent local)
- (policier) Mais comment vous faites alors pour rouler dans l’obscurité ?
- (chauffeur) Non, y’a des phares. La nuit là, comme ils sont cassés j’ai mis des torches (=lampes de poche) dans la place des phares. Et là je n’ai pas fait 10 mètres que woh ! woh ! woh ! Kelebézon !
- Kelebé-quoi ?
- Kelebézon. C’est à dire… pneu crevé !
- (passager) Chef, si je peux me permettre, il n’a mêle pas de pneu de secours ! Y’a rien à bord !
- (policier) Mais est-ce que vous avez au moins un extincteur ?
- (chauffeur) Un insecteur… Y’en a pas ! Mais est-ce que c’est de ma faute ? L’an passé, mon cousin, feu de brousse a pris sa champ. Donc j’ai pris insecteur lui donner.
- (passager) Chef ! Depuis que j’ai emprunté ce vieux car pourri-là, à chaque 5 mètres on va s’arrêter. Et puis ce qui est le plus énervant, c’at qu’il ramasse tout ce qu’il trouve sur la route. Et puis après c’est un vieux car où tu ne peux même pas respirer. Un car où il n’y a même pas de télé, pas de climatisation, pas de radio, le téléphone n’en parlons pas.
- (passagère) Chef, le vieux a raison. Son car est vieux ! Les portières sont attachées avec je ne sais quoi. ET puis chef, quand tu es assis dans le car et puis que tu regardes en bas, là c’est le goudron que tu vois. Quand tu soulèves ta tête, net c’est le soleil qui t’atteint. Et puis regardez comment ma pagne est mouillée ! Mais quand il pleut, on est foutus ! C’est un car troué chef !
- (passager) Et puis c’est pas fini, hein. Le car est très sale. Quand tu regardes à gauche à droite, y’a les cafards par-ci, les peaux de banane par-là, les souris qui courent dans le car, vraiment… En plus on est en surcharge dans ce vieux car-là.
- (passagère) Et je dis ça fait la huitième fois que moi-même j’emprunte le car et puis c’est toujours comme ça !
- (passager) Mais ça c’est rien ! quand les policiers nous arrêtent, les contrôles-là, ah ! Ils durent là-bas !!! C’est qu’il n’a même pas de pièces, il n’a rien !!!
- (policier) Je vois… Mais alors comment vous avez fait pour passer la visite technique ?
- (chauffeur) La visite technique… Bon. C’est comme chez nous les musulmans, quand il y a le ramadan ou la tabaski. Tu prends ton nouveau habit pour faire les visites, quand tu reviens chez toi tu remets ton vieux habit. Là c’est pareil, tu vas chez ton ami, tu prends nouveau phare, nouveau pneu, nouveau moteur. Et puis si tu fais visite, tu fais aussi arrangement quoi !!

Vous croyez qu’ils exagèrent… Eh bien pas du tout ! Ou du moins pas tant que ça… Pour preuve, l’autre jour, à l’occasion d’un trajet des plus brinquebalants, on se serait cru dans ce sketch-là-même, tant la vétusté de l’engin tournait au ridicule… Jugez plutôt :
Dès le départ, on a cru qu’on n’arriverait jamais à sortir de la gare. Pourtant, après de nombreux tchoko-tchoko-tchoko et des secousses dignes du luna park, on a quand même réussi à prendre la route. A l’intérieur, ambiance ambiance ! Déjà qu’on avait réussi à s’approprier les seuls sièges dignes de ce nom (les autres comprenant plus de trous que de tissu ou de mousse, ce à quoi s’ajoute le fait que la moitié du car était constituée de passagers « levés-arrêtés » - c’est à dire debout par manque de place). Certaines fenêtres n’étaient même pas des vitres mais une espèce de contreplaqué, mal ajusté qui plus est.
A la seule côte du pays (au moins 3% !) la vitesse se réduisait de plus en plus à tel point qu’on se demandait si on n’allait pas devoir descendre pousser le véhicule (c’est tout juste si les charrettes avec âne ne nous dépassaient pas…)
Enfin, 500m avant l’arrivée, alors qu’il s’était arrêté pour laisser descendre des passagers, le chauffeur a réussi à caler et il a bien fallu 10mn pour qu’il atteigne l’exploit de redémarrer.
Heureusement, dedans une animation musicale était assuré par un groupe de jeunes chantant les louanges de chaque village et autres arbres dépassés, à grand renfort d’instruments de musique traditionnels.

liens possibles: http://africart-tv.com/cinemascope1.html
http://www.dailymotion.com/djosondjo/1

dimanche 27 avril 2008

"en avril..."

En Afrique de l'Ouest, contrairement à chez nous, on se découvre de beaucoup de fils. Il fait trop chaud! :-)
A défaut d'être le mois des "petites laines", avril c'est plutôt le mois des blagues. Exemple hier samedi, la mairie de Banfora a communiqué aux habitants l'information selon laquelle elle allait procéder à l'achat des noyaux de mangue collectés par les particuliers. Tout le monde s'est donc mis au boulot dès l'aube pour ramasser les milliers de noyaux qui jonchent le sol depuis le début de la saison des mangues en mars.
Leur plat, sac ou charrette remplis, ils se sont ensuite rendus à l'endroit dit, où on les a renvoyés plus loin, puis plus loin et plus loin encore jusqu'au soir où on leur a finalement avoué que ce n'était qu'un gros, gros poisson d'avril! Ah ah, les petits facétieux!



Les histoires de mangues vous passionnent? L'info continue sur tripamor.blogspot.com!

lundi 21 avril 2008

les peintureurs

Au milieu de la semaine dernière, la maman en visite dans ma famille d'accueil (elle vit normalement dans la "grande famille" à Bobo pour raisons de santé) a décidé de faire un grand ménage de printemps. Jugeant probablement que "c'était trop le bordel", elle a fait intégralement vider leur chambre à ses deux plus jeunes fils (15 et 20 ans) pour une bonne séance de tri. Meubles et ustensiles cassés, habits moisissant depuis la fin de le saison pluvieuse (octobre...), ... tout y est passé. L'expérience se soldant par un beau feu de joie au bord de la route à la nuit tombée (c'est comme ça qu'on liquide les déchets ici). Dans la foulée, on a décidé d'en profiter pour passer une bonne couche de peinture et donner une touche pimpante à "la nouvelle maison toute propre". Le reste des affaires de la famille (dont les miennes) a donc été intégralement évacué dans la cour et les "peintureurs" convoqués. Estimation: 2 jours de travail (à raison de 3h/jour, pauses du patron pour jouer de la guitare comprises) :-); 30kg de chaux à 600 CFA/kg (en réalité 500 mais il n'y a pas de petit profit) ;-); 1 tube de "couleur"; 5'000 CFA (CHF 12.50) pour le travail.

Dès samedi matin, les voici à pied d'oeuvre - enfin surtout l'apprenti, le patron passant beaucoup de temps à jouer de la guitare (empruntée dans nos affaires sans permission préalable bien sûr) et refaire le monde sur ceux qui arnaquent les autres (!) et n'aident même pas leur famille. Et le résultat est en conséquence. A la fin de la première (demi-)journée de travail, la pièce peinte par l'apprenti est nickel alors que celle faite par le "patron crocodile" (c'est ainsi qu'on appelle ceux qui aiment trop ouvrir leur bouche) est affreuse, vite faite mal faite, avec plein de taches partout. Le petit frère affirme même qu'il n'y a qu'une seule couche contrairement aux deux annoncées, ce qui paraît hautement plausible. Et comble du comble, pendant que nous inspectons les travaux finis, sur invitation des peintres, ceux-ci en profitent pour se barrer vite vite, en embarquant 1/3 de la peinture achetée à un prix déjà surévalué la veille!
S'ensuit un après-midi d'énervements et élaborations de stratégies diverses quant à la conduite à adopter par chacun pour la suite des opérations.
Le lendemain, retour de nos deux peinturlificateurs qui entament la seconde moitié des locaux. Au milieu de la matinée, profitant que la première couche doive sécher, on leur demande de jeter un oeil sur les travaux de la veille. Faussement naïfs, on fait remarquer que contrairement à ce qui a été promis, "le brun" (les taches) n'est pas parti au séchage. Je "fais ma fille" en demandant ingénument si ce ne serait pas la peinture trop diluée qui aurait si mal couvert, "parce que deux couches, quand même, ça m'étonne qu'on voie comme ça des taches". Piqués au vif, nos deux lurons s'empressent de racler le fond de leurs barriques pour étaler quasi à la truelle la peinture plus épaisse du fond, plus foncée et un peu granuleuse (j'avais bien dit que c'était mal mélangé!). Mais attention, seulement sur les taches et les trous! Pas question de faire tout!
Résultat: encore plus moche qu'avant le début des travaux, affreux affreux!
Bon. On ne dit rien, on laisse bien sécher et on repart à l'attaque. Finalement, l' "apprenti qui travaille mieux que le patron" accepte de faire une dernière couche, et là cette fois c'est nickel.
Ce n'est pas tout. Les travaux terminés, il reste encore un seau de peinture. Patrice le confisque aussitôt pour passer un coup dans la douche - "ah ben tiens, on va profiter qu'il reste un peu!" Ouh là! ça les énerve un max qu'on gaspille ainsi! Mais on s'en fout, on a payé, c'est à nous!
Avant le départ, on leur signale quand même que leur manque de sérieux ne nous a pas tellement plu et qu'ils récupéreront leur matériel une fois le nôtre restitué (=le tiers restant piqué le jour précédant). Ouh la la! Le patron est fâché! Il prend son argent de la main gauche!
Au final, on ne récupérera pas notre matériel puisqu'ils viennent deux jours de suite très tôt le matin rechercher leurs affaires. Mais le principal, c'est qu'on a eu ce qu'on voulait et surtout, qu'on s'est vengés de leur malhonnêteté en les faisant chier un max!! Wouaf wouaf! :-D

aperçu du résultat


la piscine - euh non la douche


la cour pendant les travaux



Ali en pleine activité lessive (zzz!)

vendredi 18 avril 2008

un peu de culture...

Il ne faut pas croire que je passe mes journées à glander sous le soleil... Noooon! Je profite aussi des longues heures de canicule (entre 10h et 16h on dépasse régulièrement les 40°c...) pour me "culturer" un peu. Entre autres, l'excellente autobiographie d'Amadou Hampâté Bâ "Amkoullel, l'enfant peul". Impossible de vous épargner ce petit passage, tant il concentre les anecdotes et même quelques observations personnelles sur "la vie d'ici". (même si l'histoire se passe au début du siècle)
En l'occurrence, à ce moment du récit, le jeune Amadou est en voyage avec son prof de "l'école des Blancs". Le soir tombe, un village est en vue, il s'agit d'aller d'abord en saluer le chef avant de demander l'hospitalité pour la nuit...
"Ce chef traditionnel bambara est si hostile à l'islam qu'il prend soin de ne jamais tourner son visage vers l'est, direction de La Mecque vers laquelle les musulmans se tournent pendant leurs prières. Bien que vaincu en son temps par Cheikou Amadou, fondateur de l'Empire peul islamique du Macina, le chef de Say n'a jamais eu peur que d'un seul homme: le colonel Archinard, chef des "peaux allumées". Ce grand sorcier blanc n'a-t-il pas réussi à pactiser avec le grand génie Tummelew qui lui a livré le secret du bosquet de tamariniers au Sud de Djenné, seul endroit d'où l'on pouvait partir pour prendre sûrement la ville?
Un dialogue s'engage par mon intermédiaire entre le chef et M. M'Bodge [l'enseignant].
- Quelle est la qualité de notre hôte blanc-noir si bien vêtu en Blanc-Blanc de la France blanche?
- C'est un grand marabout de l'école où l'on apprend à écrire de gauche à droite, et non de droite à gauche comme dans les écoles coraniques. (...)
- Dis au marabout que je suis très heureux qu'il écrive de gauche à droite et non dans l'autre sens comme les musulmans! (...) Demande au marabout de l'école comment va le grand commandant moustachu.
- Il va bien, je vous remercie pour lui.
- Et le petit commandant imberbe?
Même réponse.
- Et le garde-l'argent ventripotent (le trésorier)?... Et le répond-bouche (l'interprète)?... Et le porte-plume (le secrétaire)?... Le garde-porte (le planton)?... Le guérisseur (le médecin)?... Le maître du fil à nouvelles (le postier)?... Les grimpe-poteaux (les monteurs des PTT)?... Sans oublier le cuit-repas... le sert-repas... le lave-linge et le fait-le-lit... le lave-marmites, le ramasse-crottin (le palefrenier)?...
M. M'Bodje, qui a l'habitude de sabrer les répétitions et les longueurs chez ses élèves, est excédé. Heureusement, (...) il est resté suffisamment "noir" pour savoir que, chez nous, les litanies de salutations sont interminables et qu'il serait de la plus grande incorrection de s'y dérober.
Arrivé à la fin de son énumération, le vieux chef (...) reprend d'une seule traite:
- Demande au marabout de l'école comment vont également tout ceux que j'ai omis de nommer dans cette belle ville de Djenné (...). Pour moi, ce que je trouve de plus fou et ce qui m'agace le plus, ce sont ces cris que les marabouts lancent cinq fois par jour du haut des tourelles de leurs mosquées!"

mercredi 16 avril 2008

nouvelles neuves de Banfora

Quoi de neuf dans la région des Cascades (Sud-Ouest du BF, à la frontière du Mali et de la Côte d'Ivoire)? Mon petit aller-retour au Sénégal m'ayant tenue éloignée tout de même presque tout un mois de la région la plus humide du BF (la seule, en fait...) :-) il est temps de faire un petit point sur toutes les choses extraordinaires qui se sont passées en mon absence:

fleuraison des flamboyants


adoption par ma famille d'accueil d'un petit Rex pour chasser les poules des voisins de la cour (mais qui en fait passe ses journées à dormir et manger le poisson du souper laissé sans surveillance, d'où ma progression fulgurante en dioula jege be wulu kono "le poisson est dans le chien")


visite de la maman (qui normalement habite dans une autre ville)avec son fabuleux pagne offert par un de ses enfants en crise d'amour mais qu'elle refuse de mettre dans le bon sens (ou alors elle est myope???) :-)


Joséphine la gourmande (puisqu'elle mange sans distinction pelures d'oignons, mangues trop mûres et sachets en plastique que lui jettent des enfants facétieux) vous présente sa petite famille: 5 bébés nés le dimanche de Pâques et qui finiront en ragoût dès qu'ils seront assez gros (rôôôh!).

Ils sont chooou! On leur a même donné des noms: Clémentine, Eglantine, Mandarine pour les filles; Jacques et Georges pour les garçons (comme les chanteurs ringards - euh non, morts - euh non enfin, comme les classiques Brel et Brassens). Admirez-les en pleine action!






Et surtout... La moto! Achetée d'occasion à Bobo il y a 2 semaines, elle se rembourse d'elle-même par les économies réalisées sur la location quotidienne (3'000CFA (CHF 7.50) tout de même!) :-) et permet même occasionnellement un petit argent de poche en la sous-louant à d'autres touristes!


dimanche 13 avril 2008

le dimanche à Banfora

Le dimanche à Banfora.. Contrairement à Bamako (cf chanson d’Amadou et Mariam), ce n’est pas le jour du mariage. Noooon…. C’est le jour du marché ! Alors évidemment, comme c’est quand même presque une grande ville (103'000 habitants tout de même) il y a DEJA marché tous les jours et on y trouve déjà tout. Mais le dimanche, c'est LE marché. Au lieu d’aller à la messe comme toute personne sensée (d’ailleurs à Banfora, comme par un fait exprès, la messe c’est samedi après-midi.. et puis de toute façon ils sont « tous » musulmans !), la province des Cascades dans son entier se déplace pour venir combler les rues et allées déjà bien encombrées en temps normal. Résultat : 3x plus de vendeurs et surtout 10x plus de clients, et ce sur la même superficie…
Et évidemment, nous on a rien trouvé de mieux que d’y aller aussi, et avec une liste de courses longues comme le bras qui plus est !
D’abord, parquer la moto. Aller saluer l’oncle à sa boutique (=épicerie de denrées non périssables), en profiter pour acheter café, sucre, sel et huile qu’on confie aussitôt en consigne à la vendeuse. Un peu plus loin, achat de pommes de terre, oignons et cubes maggi, puis bananes chez les vendeurs habituels. Ensuite, et c’est là seulement que les choses sérieuses commencent, traversée de la route. Entre camions venant de la Côte d’Ivoire, motos, vendeurs par terre et charrettes diverses, un défi en soi. A partir de là, galère, galère !
Dans le « grand marché », il y a plus de monde qu’au Paléo un soir d’entrée gratuite. Sans compter ceux qui se réapprovisionnent au fur et à mesure et tentent de forcer le passage à grand renfort de charrettes, ceux qui sont arrivés trop tard pour avoir une place pour leur stand et se sont installés au milieu du passage pour vendre leurs trois tomates, les vendeuses ambulantes et leurs grands plats sur la tête, etc… On avance à 1cm/minute, croit trouver un passage rapide sur la droite, rebrousse chemin devant le constat final d’impasse (à peu près systématiquement donc), finit par enjamber des empilements de légumes et de paniers tout en engueulant les vendeuses de tant de brol, etc… Et finalement au moment précis où le passage se libère ou que le flot humain se fluidifie quelque peu, c’est là que se pointe LE copain qu’il faut absolument saluer. Un classique!
On ne parlera même pas des 20 minutes en plein soleil par 40°c à discuter du prix de deux pauvres nattes avec les vieilles du village de vanniers (de vieilles connaissances mais dures en affaires), ni du nombre de stands visités à la recherche de 2 carottes et 3 haricots verts pour le souper (2 légumes pourtant fort communs, mais bizarrement absents ce jour-là).
Une fois extirpés du « grand marché », il restait encore à se procurer: mèches pour réchaud à pétrole, nattes en paille et fil de fer pour terminer le « hangar » (sorte de auvent pour se protéger du soleil), 50 kg de ciment pour divers petits travaux et charretier pour transporter le tout jusqu’à la maison – évidemment, chaque article dans un magasin différent !
Sur la route, on s’offre la petite récompense d’un sachet d’eau fraîche avant de s’écrouler pour le reste de la journée à l’ombre du nouveau hangar, fruit mérité de nos efforts matinaux.
Au total, ce qui aurait pris 45mn déplacement compris dans une Migros de quartier un tant soit peu équipée (quoique pour le ciment et les nattes en paille, je ne suis pas tout à fait sûre...) :-) aura mobilisé deux personnes plus de 4h… Avec la satisfaction naïve de croire qu’une semaine entière s’écoulera avant d’être contraints de rééditer l’exploit – et le sourd désespoir de se rendre compte, le soir même, qu’on a oublié : une tôle et une serrure pour faire une nouvelle porte, un panier pour servir de poubelle (devinez de qui est l’idée?) :-), le papier de verre pour séance « beauté des pieds », etc, etc…

vendredi 4 avril 2008

visite du Vieux-Quartier de Bobo-Dioulasso



la fabrication du dolo (bière de mil) en prévision de la fête du lendemain pour l'enterrement d'un "vieux"


la maison de l'ancêtre de la ville de Sya


l'atelier du forgeron


les silures sacrés, attirés par les bouts de pain lancés à leur intention par le guide
(vous ne voyez rien? c'est normal!)


la vieille mosquée


(photos prises par Patrice, qui adore jouer au touriste à la place des touristes)