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vendredi 22 février 2008

divers de pré-départ

Avant-dernier jour ici à Bamako, je me prépare tranquillement au départ dimanche (inch' allah!). Au menu du jour, second round d'achat de perles au marché de Daba Naani (vérification faite auprès d'Amadou, l'intendant de la mission, c'est le vrai nom de ce qui était auparavant le Grand Marché, appelé ainsi car il se trouvait au carrefour des routes reliant Bamako au reste du monde, d'où ce nom signifiant "les quatre grandes portes").
En compagnie de Fatou - nièce du coordinateur de la mission et aide précieuse pour nous tous à Hamdallaye - et "la maman de Mariam" - une des mamans de patients fabricante de "perles" de son état - nous avons donc passé près d'une demi-heure dans la boutique à faire notre choix. D'ici demain, Aya la maman devrait me fabriquer un petit quelque chose exprès pour moi, et moi je complète encore ma collection! Avec un paquet spécial multicolore et du fil pour occuper toutes ces dames qui ont adoré le petit échantillon de mon propre matériel amené en début de semaine.
Sur le chemin du retour (une chance sur deux que ça arrive dans cette ville où peu de monde maîtrise le français et/où les noms des endroits, le Sotrama me dépose à au moins 20mn à pied de l'endroit où je veux réellement aller. Par chance, au moment où je me paie des brochettes dans la rue - histoire de tenir jusqu'au souper - j'arrive à convaincre un motard de me pousser un bout. Un gars très sympa, qui accepte volontiers même si ce n'était pas du tout sa direction!!
Demain matin, autre trajet en Sotrama sera nécessaire pour aller acheter les tickets de car pour le Burkina, avant de retourner vivre mes dernières heures et faire mes adieux à la mat'. PAs très envie, vais essayer de trouver quelqu'un pour le faire à ma place, ou au moins m'accompagner...
Et dimanche, départ aux aurores pour Bobo!
Quoique, aux dernières nouvelles, il semblerait qu'il y ait eu des manifs (voire des émeutes, sous réserve) aujourd'hui à cause de la hausse des prix. Du coup, Claire la copine du patron de notre auberge ici à Bamako, qui est censée partir avec moi faire une semaine de détente dans la région, est légèrement inquiète... Un coup de fil ce soir et on sera fixés!
C'est en tout cas la tête pleine de souvenirs et le coeur rempli de nostalgie que je m'en irai le moment venu, de tant de personnes formidables, pleines de joie et de vie, de courage pour affronter les difficultés et de légèreté pour aborder le reste. Un grand merci à tous!

de gauche à droite: Massitan, Sitan, Wella (main), Fatou, Siraba, les deux soeurs Hawe et Hawa, Tapa et Hamsatou

jeudi 21 février 2008

divers


mardi 19 février 2008

choses stupides à donner pour l'Afrique

Etonnamment, non ce n'est pas forcément la laine. Au contraire, nos ateliers tricot ont eu un tel succès qu'en l'espace de quelques semaines notre immense sac amené en janvier a été vidé, récuré, lessivé. A tel point que les gens commencent à récupérer la laine pré-coupée pour les pompons pour se bricoler un bonnet, une écharpe ou encore des chaussettes... Et il ne faut pas croire que les mecs sont en reste!

Mais puisqu'on aborde le chapitre laine, avançons une petite remarque... Bon, les laines colorées et plutôt rapides de résultat (grosses mailles = moins d'effort à fournir) se sont arrachées comme des petits pains les premiers jours. Puis les pelotes récupérées de ceux qui avaient abandonné en route. Mais au jour d'aujourd'hui, les gens en sont presque au stade de préférer les fils échappés des nattes en plastique que la vingtaine de pelotes de laine blanche angora (super quand ça pique, avec la chaleur) qui nous reste. Et vu l'environement ambiant (saturé de poussière et de pollution) et la fréquence des lavages de mains au savon de nos chers patients (eh oui, noir sur noir, la saleté ne saute pas forcément autant aux yeux que pour nous...), on ne saurait trop leur en vouloir! En bref, éviter la laine blanche ou angora dorénavant.

Pas mal aussi, les médicaments périmés depuis 4 ans (on en a reçu une cargaison ce matin). Les pays du Sud ne sont pas une poubelle où déverser nos restes moisis, d'autant plus lorsque leur élimination propre (lorsqu'elle est encore possible, car souvent c'est simplement la décharge ou le feu dans un bidon en fer, avec les conséquences sanitaires et écologiques que l'on imagine) coûte plus cher que leur achat!

Enfin, sans commentaire, la photo ci-dessous. Les gamins ont adoré, mais bon.

lundi 18 février 2008

Cécile à Basa Nani

Hier dimanche, mission m'étais donnée de trouver des perles pour faire des bagues et autres bricolages - puisqu'il paraît qu'au Mali c'est "plus moins cher, moins cher" (sous-entendu "qu'au Burkina"). Evidemment, au marché du quartier aucun espoir, il fallait se rendre au centre ville, là où se regroupe à peu près toute la ville pour courir dans tous les sens, si possible très chargée et en bousculant le plus possible tout le monde. :-) Un vrai marché quoi!
Départ donc de la maternité - alias "le boulot" - en Sotrama direction l' "artisanat" (mot de passe pour la maison des artisans, sorte de cour pleine de boutiques, entourée de murs, eux-mêmes cernés par la route la plus passante de Bamako et un bon million de ruelles abritant des milliards de boutiquiers en tous genre - bref de quoi boutiquer tout ce qu'on veut!!!
Ensuite de quoi, il s'agissait de repérer les vendeurs de perles - évidemment il ne s'agit pas des vendeurs de rue dont les paniers débordent de colliers et de bracelets en tout genre (quoique souvent pas plus de 2 ou 3 types différents par vendeur) :-)
Renseignements pris auprès de 3 stans successifs, le dimanche la boutique est fermée. Il faut revenir demain! Rendez-vous est donc pris avec une dame ici, 10h, demain matin. Bon.
Et évidemment celle qui propose de m'y conduire, c'est celle qui ne parle pas un mot de français! Mais comme mon bambara "aka oussa dooni" (comprendre "s'améliore un peu") chaque jour, pas de souci!
Ce matin lundi donc, grasse matinée (ça tombe bien puisque hier soir j'ai bu du thé jusqu'à 1h du matin), et nouveau départ en Sotrama pour l' "artisanat" (en fait, je l'apprends plus tard dans la journée, le marché qui entoure ce fameux "marché rose" des artisans s'appelle Basa Nani ou qqch du style). Bien sûr, si le dimanche à Bamako c'est le jour du mariage, le lundi c'est celui des embouteillages et pour traverser le pont (il y en a 2 en tout pour relier les 2 parties de la ville au-dessus du Niger), c'est bouché bouché! Au point que quand le chauffeur peut faire 10 mètres d'un coup on a l'impression d'avoir gagné à la loterie!
Bref, arrivée au marché je retrouve presque tout de suite ma "copine" (un miracle dans ce bordel de gens, de véhicules et de marchandises!!!)Elle est toute fière de me faire asseoir à son stand pour me présenter à toutes les vendeuses du quartier (en réalité, vu que toute la ville s'était donné rendez-vous au même endroit, c'était plutôt dans un rayon de 2 mètres que ça s'est passé, m'enfin ça représente déjà pas mal de monde!) :-)
Ensuite de quoi, nous nous dirigeons dans le temple d'Ali Baba, une boutique entière remplie de sachets de perles de toutes les couleurs et de toutes les tailles (taille des sachets donc, en fonction du prix). Pour le Burkina je ne sais pas, mais pour ce qui est de la Suisse, c'eet sûr que c'est vraiment "plus moins cher"! 500 CFA (1.25 CHF) le sachet d'environ 100 ou 200g de perles, ça fait 3 fois moins cher pour 20, 30 ou peut-être même 50 fois plus de perles!!! Incroyable!
Bref, pour la somme exorbitante de 10 CHF (transport en Sotrama compris), j'ai de quoi m'amuser quelques années!*


*Bon il faut dire aussi qu'il y avait à la base de la démarche une commande du Burkina, et que je compte bien enseigner 2 ou 3 techniques de bracelets et autres fabrications de bagues aux dames de la mission, dont certaines sont déjà des fabriquantes de perles**

**PERLES: nom donné aux objets faits en perles - colliers, bracelets etc...

qu'est-ce qu'un Sotrama?

SOTRAMA:
sorte de minibus vert qui sert de transport collectif sur certaines lignes fixes;
départ des terminus quand il est plein (l'attente peut être longue!);
moyenne de 20 à 25 passagers pour une quinzaine de places assises réelles (selon corpulence des passagers et nombres d'enfants entreposables sur les genoux de leur maman);
confiance totale doit être faite au convoyeur pour vous livrer où vous voulez aller (et surtout ne pas oublier de s'arrêter), puisque la plupart du temps il est impossible de voir dehors vu la densité des passagers au cm carré;
prix entre 100 et 150 CFA (selon ligne et monnaie disponible auprès du convoyeur, appelé aussi "ba rido" - rideau de porte en bambara - vous aurez compris pourquoi);


Emotions, secousses et transpi garanties!

dimanche 10 février 2008

le dimanche à Bamako

"Le dimanche à Bamako, c'est le jour des mariages", nous chantaient hier soir Hamadou et Mariam lors de la soirée de clôture du premier "Festival des voix de Bamako", 4 nuits de musique au Palais de la Culture, juste à côté de chez nous - Auberge Danaya, Badala Bougou Est.
Depuis mercredi soir, rendez-vous était donc donné, avec l'espoir chaque soir d'une prestation du grand reggae-man Tiken Jah Fakoly... Mercredi, inauguration. Des tas de bla-bla en bambara par tous les griots de la région, avec l'intervention tout de même d'un conteur sénégalais qui nous a raconté l'histoire d'une petite fille trop pressée de sortir du ventre de sa maman. Une trame narrative des plus minces (puisqu'en fin de compte elle finit par sortir) :-), mais des artifices captivants dans la manière de raconter! Résultat, un bon moment passé qui rattrape le peu d'intérêt trouvé dans le reste de la soirée (même si je bosse dur mon bambara chaque jour, les histoire de chasseurs et de villageois, au bout d'un moment, bon.)
Jeudi, vendredi, pas de Tiken. Nos amis physios complètement accros ayant promis de nous appeler au cas où, nous en avons profité pour nous reposer "à la maison".
Enfin hier soir, alors que ma première invitation "en société" à Bamako était lancée (anniversaire avec des copines d'une bénévole qui vient me seconder le matin à la maternité), nous avons quand même repris la route du Palais de la Culture, bien déterminés à attendre Tiken jusqu'à ce qu'il veuille bien se montrer. Résultat, audition pénible d'un espoir de la musique local (gueulées stridentes avec force trémolos, comme les chanteuses d'ici savent si bien le faire)et...! Intervention tout de même de l'ami Fakoly, venu sans ses musiciens faire un coucou à l'organisatrice, Fontani Touré. Encore un peu de bla-bla (rendu incompréhensible par la foule et les piaillements de 5 ados pré-pubères encore hystériques de la prestation susmentionnée), un demi-refrain a capella repris en choeur par la foule et Emballé! C'est pesé! Au moins on pourra dire qu'on a vu Tiken Jah Fakoly en terre d'Afrique et que c'était gratuit, même si ça ne nous console pas vraiment... (les physios en étaient tout retournés)
Quelques minutes plus tard, intervention donc de Hamadou et Mariam, qui ont interprété avec brio plusieurs chansons en bambara avant de se lancer dans leurs grands tubes "ma chérie, mon amour" (même moi je la connaissais!) et enfin "le mariage à Bamako" (que je connaissais sans jamais l'avoir entendue, tellement cette hsitoire de mariage le dimanche était devenue mythique dans notre petite troupe ici à Bamako).
Aujourd'hui dimanche, décision fut prise de ne pas aller "bosser" pour les 3 "jeunes" - moi-même donc ainsi que les 2 physios qui n'en peuvent plus d'aller de déconvenues en frustration dans leur boulot quotidien. Ce matin, petit-déjeuner de fête à la boulangerie libanaise du quartier (citée dans le guide du routard, c'est dire!), avant de retourner à l'auberge attendre des nouvelles de Kalifa, coordinateur de la mission ici à Bamako en froid avec sa cheffe depuis quelques jours (pour dire les choses en bref). Devant l'échec de ses tentatives successives d'emprunt de bagnole à des copains (tous invités à des mariages, eh oui dimanche à Bamako oblige), les 2 physios lâchent l'affaire et me voici partie pour faire le tour de la ville en moto avec Kalifa rien que pour moi (un peu abattu par les soucis, il faut quand même le dire).

Au menu du jour, ascension de la colline de Koulouba pour visiter la faculté de médecine, la "colline du pouvoir" avec tous ces ministères et le palais présidentiel, des petits jardins vaguement muséiques et la "place des nations" de Bamako, en fait une collection de hampes à drapeaux avec le nom de chaque pays (même des que personne ne connaît!), décorées en fonction des événements revêtant une importance diplomatique, comme on s'en doute (rien ce jour-là en l'occurrence).
En redescendant la colline, visite du parc zoologique où nous attendait une collection de hyènes, crocodiles, panthères et autres chèvres, tous rendus complètement KO par la chaleur de 13h. Alors si jamais, vous saurez que TOUS les animaux sont méchants, d'après le panneau d'avertissement à l'entrée, et qu'il est strictement interdit de donner des cigarettes aux singes (que tous les visiteurs s'empressent de rendre chèvre en leur jetant -ou plutôt faisant croire qu'ils jettent- des cacahuètes, rien que pour le plaisir de les voir se battre ou crier de frustration).

Ensuite de quoi, petit passage à la boîte postale pour voir si mon courrier était arrivé (copie du récépissé de mes chèques de voyage qui me permettra d'échapper à la commission fixe de 11'000 FCFA ( 27.- CHF) perçue par la seule banque conciliante de Bamako repérée jusqu'à présent) - sans succès!
A 15h30 déjà, retour à la maison pour regarder un moment l'émission introductive à la finale de la CAN (Coupe d'Afrique des Nations) avant de verser pour 2h d'une longue sieste réparatrice. Entre temps, l'Egypte avait battu le Cameroun et les collègues rentraient de la maternité pour nous raconter les multiples pleurs de la journée consécutifs au départ de plusieurs patients au terme de presque 3 mois de séjour.
Et un dimanche de passé!

notre périple en pays dogon

du 28 janvier au 1 février







dimanche 27 janvier 2008

la mission

Me voici depuis plus de deux semaines à Bamako, capitale du Mali, où je participe à une mission de chirurgie maxillaire. En gros, une grosse cinquantaine de personnes avec becs de lièvre, fentes palatines ou encore séquelles de Noma qui ont été opérées ici ces deux dernières semaines, et dont l'équipe à laquelle je participe s'occupe des soins post-opératoires. En ce qui me concerne, pas de soins - à la rigueur quelques séances de pilage de médicaments pour les sondes gastriques - mais plutôt des activités d'animation avec les enfants et les adultes, patients et accompagnants.
Au menu des réjouissances, lever dès 6h pour relayer le veilleur à 7h30, activités diverses et variées jusque vers 18-19h, puis petit tour au supermarché ou en ville pour refaire le stock de diverses petites choses (papier-toilette, eau, Flag pour l'apéro etc...) Ensuite, en ce qui concerne les activités à proprement parler, cela change d'un jour à l'autre entre coloriages, jeux de manipulation (lego, puzzles, etc...)bricolages avec les plus jeunes (0-12 ans environ, mais certains adultes s'y mettent aussi). Etonnant de constater à quel point l'habileté manuelle et la patience fait défaut chez certains - question d'habitude bien sûr, beaucoup de ces enfants sont livrés à eux mêmes la plupart du temps et n'ont pas trop l'occasion de "pratiquer". :-)

Pour les plus grands (surtout les femmes), l'occupation principale, c'est les causeries et les blagues (le tout en bambara bien sûr, quoique certaines connaissent quelques mots de français). Pas mal d'activités manuelles aussi (crochet, tricot - aussi étonnant que cela puisse paraître), parfois un peu de cuisine (j'ai eu le droit de tamiser pour le tô un soir, et même de tenter de mélanger la mixture dans la grosse casserole pour 100 personnes - elles se sont bien moquées de moi car je n'y arrivais pas!) et souvent le soir (soit dès après le repas de midi en français d'ici)... l'appui scolaire! Une prof ayant été engagée pour l'alphabétisation pour la durée de la mission à raison de 4h, 5 matins par semaine - avec leçons et tout et tout - je suis régulièrement sollicitée pour valider les progrès accomplis - j'en profite pour peaufiner mon bambara avec les illustrations dans les cahiers. Tout cela évidemment suscite de nombreux fous rires, puisque comme je ne comprends souvent pas ce que je lis, je teste les nouvelles expressions dans tous les contextes possibles et imaginables jusqu'à ce que ça ait l'air d'être le bon!

Enfin avec les hommes, c'est thé et re-thé, parfois une petite noix de cola, mais surtout: LA TELE! Eh oui, ici aussi on n'échappe pas à l' "outil maudit", qui crache ses clips kitsch et ses documentaires québéquois à longueur de journée (TV5monde merci) et surtout depuis 1 semaine... LA CAN (coupe d'Afrique des Nations)!!!
L'autre jour, au bricolage du soir: drapeau malien pour soutenir l'équipe lors du match contre le Nigeria à 19h! Quel succès! Tout le monde avait le sien, même les "vieux"!!! (ce qui n'a pourtant pas été suffisant faire gagner les Aigles du Mali, avec un score 0-0)
Demain, départ pour le Nord et quelques jours en pays Dogon en compagnie d'un couple broyard qui fait partie de l'équipe. A nous l'aventure!!! Des nouvelles au retour... inch'Allah si j'ai le temps! :-)

lundi 14 janvier 2008

STMB express Bobo-Bko suite

Bon, l'épisode du passage de la frontière nécessiterait un message à lui tout seul, mais là je suis fatiguée et le souper m'attend, donc je vais faire bref.
La frontière... On descend du bus pour passer à pied, l'un après l'autre, auprès des douaniers burkinabé (deux fois) - petite demi-heure d'attente à l'ombre d'un bâtiment en dur et hop, on rembarque pour quelques kilomètres, jusqu'à la frontière malienne.
Cette fois, toutes les "pièces" sont récoltées au saut du bus, le douanier teste le bambara de tous les "passeports" (deux français, un américain, et moi) avant de trier les gens - toi ici, toi là-bas, toi avec moi etc...
De ce côté-ci, c'est un peu moins le luxe qu' "à côté". Il n'y a qu'un baraquement et les formalités administratives se font sous un hangar, à trois mètres des tentes de camping où dorment les douaniers. Peu d'attente cette fois, je sers d'interprète à l'Américain, on rigole et ça finit par passer vite.
En tout, 2h pour passer la frontière et récolter son lot de Stämpel, avant de filer sur Koutiala, Ségou et enfin Bamako avec seulement 30 mn de retard sur le programme.
Entre deux... Lecture du journal des étudiants de Lausanne (qui dormait dans mon sac depuis 10 jours) et tentatives multiples mais relativement infructueuses pour me faire expliquer ce qu'il se passe - nature et durée des arrêts entre autres... (pipi, clope, achat de boisson pour le chauffeur, salutation à un copain du convoyeur etc...) TRES important pour ne pas se retrouver à pied les derniers 400km pour cause de départ impromptu du bus!!!
Sur la fin, ma maîtrise parfaite du dioula acquise ces derniers jours :-) me permet même de faire la traduction pour mon voisin, un commerçant mossi de Ouaga qui y comprend encore moins que moi!!!
Enfin à l'arrivée, alors que je ne vois aucun "blanc" m'attendre à la gare, mes angoisses de type "comment Hubert va-t-il faire pour se sortir de ce mauvais pas" sont vite apaisées lorsque je vois la moitié du car aller bêtement se coucher dans la salle d'attente pour passer la nuit - et c'est là qu'un type me tape sur l'épaule (en vrai, c'était le cinquantième, mais le seul qui ne proposait pas un taxi ) :-) D'après son petit panneau, impossible de se tromper, c'était pour moi - il y avait même mon nom dessus (petite ardoise qui a d'ailleurs connu une fin tragique quelques minutes plus tard lorsqu'il l'a oublié à côté du taxi en sortant mes valises du coffre) :-)
Un toc toc à la porte du dortoir pour me faire entrer et un faufilement de serpent sous la moustiquaire plus tard... il faudra encore attendre 5h pour découvrir la tête des mes colocs et autres membres de la mission à leur réveil le lendemain matin!

STMB express - Bobo Bamako

Déjà 4 jours que me voici arrivée au Mali, et pas une minute pour vous narrer ma folle expédition de plus de 12 heures en car pour relier Bobo (2e plus grande ville du BF et grand carrefour commercial du pays)à Bamako, capitale du Mali, à peut-être 600 ou 700km de là.

Tout d'abord, l'achat du ticket. Rien de très compliqué, il suffit de se munir de CFA 9'000 (environ CHF 22.50) et de se présenter 1h avant le départ avec armes et bagages. Bon. Pas idéal pour préparer sereinement son arrivée (prévue à minuit), sans cash et dans une ville inconnue, lorsqu'il s'agit en plus de rallier une auberge à l'adresse incertaine où m'attendent "les autres" arrivés depuis déjà 2 jours et qu'on n'arrive pas à joindre la personne de contact pour la prévenir de son arrivée.
Décision est prise de le prendre le jour précédent.
Jeudi matin donc, de bonne heure - peu avant midi - rendez-vous avec mes 2 valises (malgré toutes les "livraisons" faites ces deux dernières semaines, le volume ne baisse pas - et pourtant je n'ai rien acheté!! - étrange, étrange) à la gare routière pour un dernier Nescafé, les bénédictions de la tenancière pour le voyage, les salutations à tous les convoyeurs, une demi-heure de queue pour entrer dans le car (rempli de commerçants et de gens qui comme moi ont l'air de déménager), une autre demi-heure à faire chauffer le moteur et les passagers par la même occasion, et c'est le grand départ (du moins pour sortir de la gare et traverser le carrefour pour embarquer encore quelques personnes)...
Et youhouhou! A nous la grande route toute droite jusqu'à la frontière!