"Le dimanche à Bamako, c'est le jour des mariages", nous chantaient hier soir Hamadou et Mariam lors de la soirée de clôture du premier "Festival des voix de Bamako", 4 nuits de musique au Palais de la Culture, juste à côté de chez nous - Auberge Danaya, Badala Bougou Est.
Depuis mercredi soir, rendez-vous était donc donné, avec l'espoir chaque soir d'une prestation du grand reggae-man Tiken Jah Fakoly... Mercredi, inauguration. Des tas de bla-bla en bambara par tous les griots de la région, avec l'intervention tout de même d'un conteur sénégalais qui nous a raconté l'histoire d'une petite fille trop pressée de sortir du ventre de sa maman. Une trame narrative des plus minces (puisqu'en fin de compte elle finit par sortir) :-), mais des artifices captivants dans la manière de raconter! Résultat, un bon moment passé qui rattrape le peu d'intérêt trouvé dans le reste de la soirée (même si je bosse dur mon bambara chaque jour, les histoire de chasseurs et de villageois, au bout d'un moment, bon.)
Jeudi, vendredi, pas de Tiken. Nos amis physios complètement accros ayant promis de nous appeler au cas où, nous en avons profité pour nous reposer "à la maison".
Enfin hier soir, alors que ma première invitation "en société" à Bamako était lancée (anniversaire avec des copines d'une bénévole qui vient me seconder le matin à la maternité), nous avons quand même repris la route du Palais de la Culture, bien déterminés à attendre Tiken jusqu'à ce qu'il veuille bien se montrer. Résultat, audition pénible d'un espoir de la musique local (gueulées stridentes avec force trémolos, comme les chanteuses d'ici savent si bien le faire)et...! Intervention tout de même de l'ami Fakoly, venu sans ses musiciens faire un coucou à l'organisatrice, Fontani Touré. Encore un peu de bla-bla (rendu incompréhensible par la foule et les piaillements de 5 ados pré-pubères encore hystériques de la prestation susmentionnée), un demi-refrain a capella repris en choeur par la foule et Emballé! C'est pesé! Au moins on pourra dire qu'on a vu Tiken Jah Fakoly en terre d'Afrique et que c'était gratuit, même si ça ne nous console pas vraiment... (les physios en étaient tout retournés)
Quelques minutes plus tard, intervention donc de Hamadou et Mariam, qui ont interprété avec brio plusieurs chansons en bambara avant de se lancer dans leurs grands tubes "ma chérie, mon amour" (même moi je la connaissais!) et enfin "le mariage à Bamako" (que je connaissais sans jamais l'avoir entendue, tellement cette hsitoire de mariage le dimanche était devenue mythique dans notre petite troupe ici à Bamako).
Aujourd'hui dimanche, décision fut prise de ne pas aller "bosser" pour les 3 "jeunes" - moi-même donc ainsi que les 2 physios qui n'en peuvent plus d'aller de déconvenues en frustration dans leur boulot quotidien. Ce matin, petit-déjeuner de fête à la boulangerie libanaise du quartier (citée dans le guide du routard, c'est dire!), avant de retourner à l'auberge attendre des nouvelles de Kalifa, coordinateur de la mission ici à Bamako en froid avec sa cheffe depuis quelques jours (pour dire les choses en bref). Devant l'échec de ses tentatives successives d'emprunt de bagnole à des copains (tous invités à des mariages, eh oui dimanche à Bamako oblige), les 2 physios lâchent l'affaire et me voici partie pour faire le tour de la ville en moto avec Kalifa rien que pour moi (un peu abattu par les soucis, il faut quand même le dire).

Au menu du jour, ascension de la colline de Koulouba pour visiter la faculté de médecine, la "colline du pouvoir" avec tous ces ministères et le palais présidentiel, des petits jardins vaguement muséiques et la "place des nations" de Bamako, en fait une collection de hampes à drapeaux avec le nom de chaque pays (même des que personne ne connaît!), décorées en fonction des événements revêtant une importance diplomatique, comme on s'en doute (rien ce jour-là en l'occurrence).
En redescendant la colline, visite du parc zoologique où nous attendait une collection de hyènes, crocodiles, panthères et autres chèvres, tous rendus complètement KO par la chaleur de 13h. Alors si jamais, vous saurez que TOUS les animaux sont méchants, d'après le panneau d'avertissement à l'entrée, et qu'il est strictement interdit de donner des cigarettes aux singes (que tous les visiteurs s'empressent de rendre chèvre en leur jetant -ou plutôt faisant croire qu'ils jettent- des cacahuètes, rien que pour le plaisir de les voir se battre ou crier de frustration).

Ensuite de quoi, petit passage à la boîte postale pour voir si mon courrier était arrivé (copie du récépissé de mes chèques de voyage qui me permettra d'échapper à la commission fixe de 11'000 FCFA ( 27.- CHF) perçue par la seule banque conciliante de Bamako repérée jusqu'à présent) - sans succès!
A 15h30 déjà, retour à la maison pour regarder un moment l'émission introductive à la finale de la CAN (Coupe d'Afrique des Nations) avant de verser pour 2h d'une longue sieste réparatrice. Entre temps, l'Egypte avait battu le Cameroun et les collègues rentraient de la maternité pour nous raconter les multiples pleurs de la journée consécutifs au départ de plusieurs patients au terme de presque 3 mois de séjour.
Et un dimanche de passé!