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lundi 31 mars 2008

tempête de neige en Suisse

Tandis qu'une semaine plus tôt, 15cm de neige avaient recouvert le sol romand, au Sénégal c'était plutôt un vent de sable qui cachait toute visibilité et nous empêchait de décoller de Ziguinchor et de quitter la Casamance pour Ouaga, via Dakar. Résultat des opérations, transfert après 6h d'attente de Ziguinchor sur le Cap Skirring (dans le même minibus qui m'avait conduit le matin du Cap à Ziguinchor, le comble!). Arrivée vers 16h pour une petite trempette dans la piscine de la Maison, re-attente à l'aéroport et finalement arrivée à Dakar cers minuit, avec 12h de retard sur l'horaire. Par chance, Jean-Maurice avait finalement pris le même vol que moi, nous nous sommes donc tenu compagnie encore tout le dimanche (dans un hôtel qui se voulait luxe sans vraiment y arriver, aux frais d'Air Senegal) et donné mutuellement du courage pour la deuxième partie du défi: obtenir un billet à partir de celui émis par Air Senegal en remplacement du vol raté.
2h de jeu de piste entre tous les différents services possibles et imaginables d'un aéroport ont quand même été nécessaires, attendrissant au passage (malgré quelques accrochages au démarrage) tous les policiers (ceux qui gardent des portes par lesquelles personne n'a le droit d'entrer ni de sortir) ainsi que l'ensemble des agents de sécurité.
Une fois les bagages enregistrés sur Air Burkina, 30mn d'internet dans la loge VIP et le voici enfin! 5avec même un peu d'avance):

l'avion!!!
Et la moindre des choses que l'on puisse dire sur Air Burkina, contrairement à Air Senegal (de mon expéience...) :-) c'est qu'ils savent dorloter leurs clients! Contrairement à toutes mes conjectures, le trajet s'est avéré pas du tout folklo mais grand luxe: départ et arrivée à l'heure, pas d'escale dans toutes les villes de la sous-région en cours de route, beurre français et vin rouge servi comme du jus d'orange (c'est-à-dire à raz le verre) :-) etc...

Et quand même, toujours émouvant, le steward attentionné qui va vers chaque passager lui demander: "Tu veux une sucrerie?" ah ah ah!

samedi 29 mars 2008

bonus!

En bonus, Croquette et Croquette à la plage!

vendredi 28 mars 2008

mais qui est Yannick?

Comme tout le monde (tout le monde vraiment?) se pose la question, une photo de la petite famille et ses différents protagonistes pendant ces quelques jours au Sénégal:

Jean-Maurice, Cécile, Manuel, Yannick

c'est l'Afrique Manuel!

Quelques exemples de chocs culturels vécus par mon frère, venu pour la première fois en Afrique:
- la prière de 19h à la station-service (c'est vrai que ça fait quand même un effet un peu particulier de voir ces mecs se prosterner devant des bonbonnes de gaz...)
- la douche au seau dans une communauté mouride dès la première nuit
- le taximan qui se prend pour un refroidisseur (mes compagnons du pays dogon comprendront... pour les autres, imaginez un chauffeur qui s'arrête toutes les 15mn pour aller jeter un peu d'eau sur le moteur avant de repartir)
- 2h d'attente dans un village si petit qu'il n'y avait même pas de bistrot (si, si!) et où tous les habitants se regroupaient à la boutique (=épicerie) pour regarder la telenovela brésilienne, nous-mêmes n'ayant rien trouvé de mieux que de nous asseoir devant ladite boutique... ambiance ambiance!
- la traversée de la Gambie
- la première visite à la plage: "C'est la première fois que j'ai l'impression d'être à la fois à la mer et à la montagne! Pour aller se baigner, il faut éviter les bouses de vache!"

- et enfin le meilleur pour la fin, lors de notre dernier souper ensemble. Yannick s'écrie: "Ici les femmes sont toujours très bien habillées et très belles, alors après elles séduisent nos maris." A ce moment, la serveuse arrive, effectivement très belle et très bien habillée. Je lui demande si je peux regarder comment elle a attaché son pagne (de manière assez coquette en l'occurrence). "Oui, oui, pas de problème je vais vous montrer", répond-elle avant de carrément tout dérouler, jusqu'à nous montrer un bon bout de hanche et de cuisse... Eh! C'était bien la première fois qu'avant même d'avoir attaqué l'entrée, la serveuse m'avait déjà montré sa culotte! (qui, entre nous soit dit, était très jolie, noire et argentée, assortie au tissu de l'habit):-)

Fatou

Fatou… Ma petite sœur d’Afrique rencontrée un jour à Bamako, tu attendais que des médecins blancs viennent examiner ta bouche et décider s’ils pourraient la refermer. Noma… maladie absurde qui ronge le visage des enfants, souvent jusqu'à la mort…
Toi qui jouais à la grande sœur avec les petits, gérant de main de maître à la fois crayons et papier, disputes et rangements, si bien que je n’avais plus qu’à m’occuper du taille-crayons… Toi qui ânonnait les mots de ton cahier de lecture et me disais « Sesila.. . ! Ika biki… Amayi ! » (Cécile… Ton stylo n’est pas bon !) alors que c’est toi qui ne savais pas le tenir, de tes mains maladroites trop peu habituées aux exercices de style. Toi qui n’avais même pas pu avoir de maman, cousine ou tante pour t’accompagner dans ce monde effrayant de la grande ville et t’occupais de toi-même toute seule alors que tu n’avais pas 14 ans. Toi qui pleurais si fort au moment des adieux, ma photo bien serrée dans ta poche comme un trésor – alors que m’avoir laissée t’apprivoiser était le plus grand des trésors. Ta bouche fendue en deux par une naissance aléatoire te donnait pourtant le plus beau des sourires quand tu riais à mes bêtises. Je suis si heureuse de t’avoir rencontrée, et si triste de t’avoir quittée…

A quelques heures de quitter le palais casamançais de Yannick et Jean-Maurice et toute cette terre sénégalaise dont j’aurai profité pendant deux semaines, je me rends compte que tout dans cette aventure africaine – tout comme dans la vie elle-même – n’est que retrouvailles et séparations, joie de se (re)trouver et déchirement de se quitter. Et pourtant on continue, sans se poser de questions – ou alors le moins possible – , pour aller autre part, plus loin, vers un autre ailleurs de soi-même qui deviendra bientôt aussi une partie de soi.
Et je me dis que c’est un peu l’être humain que cette carte postale achetée hier représente, comme un grand patchwork où de nouveaux morceaux se surajoutent sans cesse les uns aux autres et qui une fois cousus ensemble forment un tout - relativement - consistant qui est ce que l’on est, ce que je suis.

Cette terre de désolation et de tristesse, oubliée du monde et de ceux qui le dirigent, abrite pourtant de grandes richesses, l’énergie et l’espoir d’un jour meilleur pour soi et pour les siens. Certains cherchent à arnaquer le Blanc – toujours « un peu trop riche » -, d’autres à assortir le couvre-lit et les coussins, d’autres encore à assurer un avenir - aussi modeste soit-il mais un avenir quand même – à leur fille, leur petit frère, soi-meme. Tous cherchent à aller plus loin, plus fort, avec la force de ceux qui savent que l’on n’est jamais vaincu tant qu’on ne l’a pas décidé.
J’aimerais pouvoir raconter comme Sonia, l’animatrice de la RSR découvrant le « pays des Noirs » qui ponctue chaque émission d’une « lettre à… ». Mais je n’ai pas son talent pour l’écriture - tout comme toi Fatou qui signais tes dessins « Fafou » parce que, dans tes premiers contacts avec le monde écrit, tu ne faisais pas encore bien la différence entre le F et le T.
Fatou… C’est à toi encore que je pense aujourd’hui, et à toutes tes copines Massitan, Hawa, Hawe, Nana, Ami, Mariam et toutes les autres… Parce que vous êtes nées ici, parce que vous êtes nées filles, parce que vous êtes nées tout court… Petits bouts d’humains à qui tant de difficultés sont encore promises malgré votre bouche toute neuve, vous ne voulez voir que ce qu’il y a de bon dans ce monde.
Fatou, petite sœur parmi toutes mes petites sœurs, ta flamme brillera toujours dans mon cœur…

jeudi 27 mars 2008

ah qu'il est contraignant d'être riche...

"Ah qu'il est contraignant d'être riche!", s'écriait mon papa en se mouillant timidement un orteil. "On est obligé d'utiliser tous les jours sa piscine..."

mercredi 26 mars 2008

Paris – Dakar... ou presque

Samedi matin, quelques dernières photos de St-Louis et départ en convoi (=2 voitures avec nous) pour le désert de Lompoul.

Sur la route, dépassement d’étendues d’eau salée ressemblant à s’y méprendre (ou presque) au Lac Rose, pourtant situé quelques dizaines de kilomètres plus au Sud.

Après s’être ensablés avec notre super 4x4 neuf dans les dunes vers la plage et avoir appris lors du pic-nic qu’il y avait des fourchettes au paradis sur lesquelles était écrit le nom d’Allah, départ pour le désert en question (4km carré) sur l’autoroute locale, où JM faillit se faire renverser par un bolide en sortant imprudemment des vagues…:-)


Visite sportive des dunes avant une nuit sous tente des plus ensablantes…




Dimanche, l’avion de Manuel au départ de Bruxelles est annoncé avec 24h de retard !!! Du coup, nous acceptons une invitation à manger de dernière minute chez un promoteur immobilier de Mboro ( ??), avant d’attraper le ferry de 19h30 pour Gorée où JM et moi passons la nuit chez un vieux rasta très sympa mais un peu à côté de la plaque (on en a profité pour tout apprendre sur le dernier roi d’Ethiopie). Lundi de Pâques, peu de touristes, vendeurs pas trop agressifs, un plaisir !



Lundi après-midi, retour de Gorée pour aller chercher Manuel à l’aéroport, puis départ immédiat (sans Yannick qui a rendez-vous avec un ministre le lendemain) pour Ndem, la communauté mouride archi-baba qui fabrique les couvre-lits de tous les meilleurs hôtels du Sénégal. Après la visite en long et en large des ateliers le lendemain matin (très intéressante ma foi), c’est cette fois vers le parc de Bandia que JM emmène ses deux enfants.

girafe (qui court au ralenti et marche à l'amble, et quand son bébé naît il tombe de 2 mètres!)


rhinocéros blanc (plus grand et plus gentil que le noir)


singe


baobab éléphant


baobab des griots (où on enterrait des griots connus); en faire le tour en sens anti-horaire porte bonheur et on peut aussi faire une voeu en mettant les doigts de la main gauche dans ses trous - appeler Fatou la guide pour se plaindre si on ne constate pas d'amélioration)


phacochère


tortue


crocodile


un autre singe...


Après la visite, le taxi nous pose au village où nous attendons patiemment que Yannick nous rejoigne après sa rencontre avec le ministre.


Grâce aux merveilleux embouteillages de Dakar (malgré un raccourci par la brousse), ce n’est que vers minuit que nous atteignons notre logement suivant : des maisons dans les baobabs !



Entre mercredi et jeudi, traversée de la Gambie pour atteindre le Sénégal… Ce n’est pas simple ! (et mérite un post en soi...)

vendredi 21 mars 2008

la croisière s'amuse

Samedi dernier, départ pour l'aéroport de Ouaga, destination Dakar. Avec Air Peut-être (Afriquiyah), d'habitude je me méfie, mais là, non. Ainsi donc, au lieu d'attendre patiemment à la buvette en face de l'aéroport que l'avion arrive - ce que j'avais toujours fait jusqu'à présent, j'ai innocemment cru le douanier qui annonçait le vol sans retard. ERREUR!
C'est donc à 1h du matin, au lieu de 23h30, que j'ai enfin pu mettre le pied en terre sénégalaise, étonnamment froide et humide.
Après une première nuit épique, où nous avons - entre autres - visité une maison décorée par Yannick, admiré sa nouvelle voiture achetée 4 jours plus tôt, fait la traversée Dakar - St-Louis (270km au nord) avec un chauffeur qui ignorait jusqu'à l'existence des feux de route (il tenait le bouton d'appel de phares appuyé), appelé le Bou el Mogdad (notre bateau) 5mn avant l'embarquement pour qu'ils nous attendent, réussi à monter dans le bateau au vol et encore visionné toutes les photos du nouveau chalet, tout cela entre 2h et 7h du matin!

Le pont Faidherbe à Saint-Louis

Autant dire que nous passions déjà pour des extraterrestres auprès des autres passagers (et ceci de manière réciproque en ce qui concerne la plupart d'entre eux) :-)

Ensuite de quoi, les 5 jours suivants se sont passés dans le plus grand calme (sauf en ce qui concerne la plupart des autres rendez-vous - repas, départ en chaloupe pour visiter la terre ferme, ...) Comme d'habitude!
Au programme, remontée du fleuve Sénégal sur 200km tout le long de l'ancienne route des comptoirs, lorsque le bateau reliait les villages entre le Mali (Kayes) et l'océan (St-Louis) et se constituait ainsi comme le seul moyen de communication jusqu'à l'arrivée des routes.
Entre autres visites:
le parc ornithologique et crocodilesque du Djoudj



la sucrière (usine de raffinement suffisant à toute la consommation interne du pays) de Richard Toll (ici, la mise a feu des champs de canne pour eliminer les feuilles mortes avant recolte)

la "folie" du Baron Roger (Richard Toll aussi)

ville, fort, école et atelier de batik à Dagana

pleins de "villages typiques" de tous les côtés du fleuve (peul, toucouleur, etc...), y compris celui du pilote, en poste depuis 30 ans sur le bateau




et enfin le fort et la ville de Podor.



Ce matin, retour en car au point de départ et lâcher de touristes dans la charmante petite bourgade de St-Louis.