Le dimanche à Banfora.. Contrairement à Bamako (cf chanson d’Amadou et Mariam), ce n’est pas le jour du mariage. Noooon…. C’est le jour du marché ! Alors évidemment, comme c’est quand même presque une grande ville (103'000 habitants tout de même) il y a DEJA marché tous les jours et on y trouve déjà tout. Mais le dimanche, c'est LE marché. Au lieu d’aller à la messe comme toute personne sensée (d’ailleurs à Banfora, comme par un fait exprès, la messe c’est samedi après-midi.. et puis de toute façon ils sont « tous » musulmans !), la province des Cascades dans son entier se déplace pour venir combler les rues et allées déjà bien encombrées en temps normal. Résultat : 3x plus de vendeurs et surtout 10x plus de clients, et ce sur la même superficie…
Et évidemment, nous on a rien trouvé de mieux que d’y aller aussi, et avec une liste de courses longues comme le bras qui plus est !
D’abord, parquer la moto. Aller saluer l’oncle à sa boutique (=épicerie de denrées non périssables), en profiter pour acheter café, sucre, sel et huile qu’on confie aussitôt en consigne à la vendeuse. Un peu plus loin, achat de pommes de terre, oignons et cubes maggi, puis bananes chez les vendeurs habituels. Ensuite, et c’est là seulement que les choses sérieuses commencent, traversée de la route. Entre camions venant de la Côte d’Ivoire, motos, vendeurs par terre et charrettes diverses, un défi en soi. A partir de là, galère, galère !
Dans le « grand marché », il y a plus de monde qu’au Paléo un soir d’entrée gratuite. Sans compter ceux qui se réapprovisionnent au fur et à mesure et tentent de forcer le passage à grand renfort de charrettes, ceux qui sont arrivés trop tard pour avoir une place pour leur stand et se sont installés au milieu du passage pour vendre leurs trois tomates, les vendeuses ambulantes et leurs grands plats sur la tête, etc… On avance à 1cm/minute, croit trouver un passage rapide sur la droite, rebrousse chemin devant le constat final d’impasse (à peu près systématiquement donc), finit par enjamber des empilements de légumes et de paniers tout en engueulant les vendeuses de tant de brol, etc… Et finalement au moment précis où le passage se libère ou que le flot humain se fluidifie quelque peu, c’est là que se pointe LE copain qu’il faut absolument saluer. Un classique!
On ne parlera même pas des 20 minutes en plein soleil par 40°c à discuter du prix de deux pauvres nattes avec les vieilles du village de vanniers (de vieilles connaissances mais dures en affaires), ni du nombre de stands visités à la recherche de 2 carottes et 3 haricots verts pour le souper (2 légumes pourtant fort communs, mais bizarrement absents ce jour-là).
Une fois extirpés du « grand marché », il restait encore à se procurer: mèches pour réchaud à pétrole, nattes en paille et fil de fer pour terminer le « hangar » (sorte de auvent pour se protéger du soleil), 50 kg de ciment pour divers petits travaux et charretier pour transporter le tout jusqu’à la maison – évidemment, chaque article dans un magasin différent !
Sur la route, on s’offre la petite récompense d’un sachet d’eau fraîche avant de s’écrouler pour le reste de la journée à l’ombre du nouveau hangar, fruit mérité de nos efforts matinaux.
Au total, ce qui aurait pris 45mn déplacement compris dans une Migros de quartier un tant soit peu équipée (quoique pour le ciment et les nattes en paille, je ne suis pas tout à fait sûre...) :-) aura mobilisé deux personnes plus de 4h… Avec la satisfaction naïve de croire qu’une semaine entière s’écoulera avant d’être contraints de rééditer l’exploit – et le sourd désespoir de se rendre compte, le soir même, qu’on a oublié : une tôle et une serrure pour faire une nouvelle porte, un panier pour servir de poubelle (devinez de qui est l’idée?) :-), le papier de verre pour séance « beauté des pieds », etc, etc…
dimanche 13 avril 2008
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1 commentaire:
Polé-polé!
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