jeudi 27 mars 2008

la traversée de la Gambie

La traversée de la Gambie. Passage obigé pour relier le Nord du Sénégal à la Casamance. Une aventure en soi.
Tout commence à la sortie de Kaolack. l'"autoroute trans-gambienne" nous plonge tout de suite dans l'ambiance... Et ce n'est qu'un début!

Dire que notre "camion" débordant de livres et divers pour amménager la nouvelle maison attire la convoitise des douaniers n'est pas un vain mot. Une heure à la douane sénégalaise pour sortir du pays, Manuel et moi de garde dans la voiture (sans les clés, impossible de sortir ou même d'ouvrir les fenêtres, on a "un peu" chaud). Nous sommes bien sûr la proie d'à peu près tous les enfants vendeurs de rue, qui après avoir tenté de nous demander ou nous vendre tout et n'importe quoi, détournent leur intérêt sur l'inspection en règle des Blancs dans leur milieu [quasi] naturel. Le zoo est gratuit, profitez!
Quelques kilomètres plus tard, rebelote à la douane gambienne. La nuit tombe, c'est l'heure de la prière, cela n'empêche pas les gambiens de vouloir à leur tour tout démonter. L'intervention de Djeneba, notre "contact" au poste frontière, ne nous permet pourtant pas d'éviter une autre heure de tractations pour pouvoir continuer notre route.

A peine deux kilomètres de plus et c'est la police qui s'y met. Après une discussion fort plaisante sur le thème de la famille et le faux bon plan d'épouser une européenne ("Elles veulent tout diriger!" selon Yannick), notre interlocuteur nous demande quand même, avant de nous laisser filer: "So... What do you have for the gambian police...?" "Du respect! Du respect!" s'écrie mon papa! On a tous bien compris le sens réel de la question, mais cette réponse farfelue amuse notre ami et le décide, avec force éclats de rire, à nous laisser continuer.
Avec tout ça, il est déjà tard et on risque de rater le ferry! Grâce à Yannick, nous évitons déjà le piège des tickets (dans un bâtiment non signalé 5km avant le port, histoire de forcer les gens à rebrousser chemin et se retaper toute la queue si comme nous ils refusent d'entrer dans le jeu des "cadeaux" le moment venu).
Arrivés au port, c'est sans surprise... la foire d'empoigne! Une caravane de 40 véhicules ayant devancé tout le monde un peu plus tôt dans la journée, la queue est sans fin et rien ne bouge d'un centimètre.
Encore une petite heure de négociations et, contre toute attente, nous entrons dans l'enceinte (sans même rayer la carrosserie, un miracle!). Une autre heure d'attente nous permet de mieux faire connaissance avec la population locale (les vendeurs ambulants ayant terminé leur journée, j'ai une conversation toute chou avec un petit qui compatit au fait que mon père ait pris une deuxième femme - "Les coépouses c'est difficile" - et un jeune guinéen qui a fait 12 ans d'école (presque le bac!) pour se retrouver vendeur de lampes de poche sur le ferry gambien). Le rêve de tout touriste! :-)
A minuit, la longue file se remet en route, cette fois ce sera la bonne, et... la barrière se ferme 4 véhicules avant nous! Le prochain bac est à 7h le lendemain! De deux solutions possibles - attendre dans la voiture pour ne pas perdre notre place ou la laisser à la garde de Dieu et dormir ailleurs - nous choisissons la seconde.
On s'épargnera la description de la chambre super glauque (salle de bain intégrée, mais l'eau du seau était tellement sale qu'on n'a même pas osé se laver les mains!) et notre tête à 6h30 quand on s'est rendu compte qu'un gros cadenas fermait la porte du bâtiment, nous enfermant dedans (sortie in extremis par la cuisine grâce à l'ingéniosité de votre petite Cécile) pour ne se rappeler que la féerie du lever du soleil une fois à bord du ferry (qui a bien failli nous échapper car une panne de dernière minute a mis une nouvelle fois en péril notre traversée immédiate).



Une fois débarqués à Banjul, petite visite de courtoisie au douanier Momodou avant de se diriger vers le poste frontière pour entrer à nouveau au Sénégal. Miracle! Mon visa "entrée simple" (échu, du coup) ne pose pas de problème et tous les douaniers nous tombent dans les bras (j'exagère à peine!). C'est vrai qu'avec son projet de "sauver l'Afrique" avec des bibliothèques, Yannick est plutôt connue et même appréciée par ici!

Deux heures de route supplémentaires nous conduisent à Ziguinchor pour le dîner, où la piscine du très chic hôtel Kandiandoumagne est d'un grand réconfort après toutes ces émotions.
Sur la nouvelle route, goudronnée de frais, les 60 derniers kilomètres vers Cap Skirring passent comme dans un rêve, avec quelques rares coups de frein pour s'étonner des joggers au bord de la route ou admirer les récolteurs de bangui (ou vin de palme), qui grimpent dans les arbres pour recueillir cette fraîche sève des rôniers dont le degré de fermentation varie avec les heures de la journée.


A l'heure du bilan, une journée de retard sur le programme mais la douce consolation d'avoir vécu tant d'aventures en si peu de temps (et de s'en être sortis indemnes!)... Et surtout le fait que les c... d'Allemands qui ont "offert" un gyrophare et une radio pour devancer tout le monde au ferry n'ont pas pu passer non plus! Ah ah! Dieu est grand! :-)

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Nous vous remercions de intiresnuyu iformatsiyu